LA REVUE SOCIALISTE cette société conscrrntrice et réactionnaire dont j'ai déji eu l'occasion de signaler l'esprit et les tendances (1). Je m'y arrête un instant, parce que, comme toujours, sous la divergence théorique se dissimulent encore la lutte d'intérC:ts contradictoires dont l'antagonisme pourrait bien s'affirmer plus Yivcment un de ces jours, ainsi qu'ils ont fait ailleurs en Allemagne, en Autriche-Hongrie, etc. Dans ces pays, en effet, la baisse de prix des produits agricoles a provoqué la formation d'un parti agrarien qui s'est trouvé tout de suite en hostilité ouverte avec la haute banque et la finance, accusées, non sans apparence de raison, de perturber le marche des dcnrecs par les manœuvres d'agiotage. En [rance, l'agriculture a bien ses représentants speciaux , ses porte-paroles particuliers , mais sauf quelques antisémites dont les vitupérations se limitent trop souycnt aux progrcs de la finance juive, la haute banque et la propriété n'ont pas cessé de faire assez bon ménage. Cet accord, au moins apparent, provient de cc que les quelques détenteurs de la grande propricté foncière ( car die seule peut avoir ses organes autorises et faire entendre sa voix), ont <les intérC:ts considérables engagés dans les grandes entreprises industrielles et les monopoles organises par les pouYoirs publics, depuis un dcmi-sicclc. La haute banque, quand elle obtint, sous les gouYerncmcnts de Juillet, <le l'Empire et de Mac-Mahon, les immenses concessions sur lesquelles clic a étayé sa puissance, dut associer à son œunc nombre de notabilites influentes par leur situation politique ou de fortune. De lù l'appui constant que la finance française n'a cessé de trou\'Cr auprés de personnalites à qui leurs possessions territoriales assurent une grande autorité sur les grands proprietaircs fonciers. Cc n'est un mystère pour personne, pnr exemple, que tel député de droite, possesseur de domaines trcs étendus, a <les intérêts nombreux engagés dans les chemins de fer. Comment attaquerait-il la haute banque et ses spéculations sur les blés, sans risquer d'atteindre ceux qui lui ont assuré des suppléments de reYenus importants? Malgré ces circonstances particuliércs et d'autres encore qu'il serait trop long d'énumérer ici, telle que la différence de constitution foncière entre l'Allemagne et la [rance, l'opposition d'intérêts, qui fait Je la propriété agricole et de la propriéte industrielle ou mobilière deux formes propriétaires en lutte, n'en existe pas moins, et peut-être aYant peu, agriculteurs et financiers en Yiemlront-ils aux mains, comme cela s'est vu recemment et se voit encore en Allemagne, où la guerre economique entre les agrariens et la Bourse de commerce de Berlin nous réserve plus d'une surprise. Quoi qu'il en soit, les défenseurs de l'agriculture fr.rnçaise se plaignent plus fort que jamais de la baisse des (r) Reu11e Socialiste J'aoùt 1895.
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