REVUE DES RE\'UES ï3 5 sacrer ses loisirs et une part plus forte de sa rémunération à la culture morale et intellecrnclle. Nul doute qu'au fond de l'opposition acharnée faite en France par la classe patronale à la réduction du temps de traYail, il n'y ait une crainte, peut-être irréfléchie, seulement instinctiYe du danger social que l'amélioration intcllcctucllc de la classe ounil'.:rc devant en résulter ferait courir aux privikgcs de la classe possédante. Un ►dcs représentants les moins sympathiques de la bourgeoisie française l'a implicitement avoué un jour à la tribune d'une Chambre censitaire, quand il prononça ces paroles fameuses : « Le travail est un frein. » C'est vrai, le travail est un frein aux aspirations égalitaires du prolétariat que les journées exténuantes abêtissent et démoralisent; mais il est un frein, aussi, aux progrés matériels de l'ensemble d'une nation et, par un juste chàtimcnt issu de la force des choses, les classes privilégiées qui s'efforcent de ralentir la marche du progrés sont les prcmiéres Yictimes de leurs tentatives criminelles. Comme le remarque, en effet, I\l. Lcvasseur, les hauts salaires et les courtes journées de traYail correspondent à un degré de développement industriel supérieur, à un accroissement général de la richesse publique, partant à l'enrichissement, proportionnel et même supérieur au niYcau des salaires payés, de la classe patronale. Le pays dont les classes dirigeantes se refusent d'ouvrir les yeux a l'é,·idencc de ce phénomène est condamné ù lutter sur le marché universel à armes inégales avec ses concurrents. C'est cc qui explique l'état stationnaire de notre développement économique, enrayé par l'obstination imprévoyante de notre bourgeoisie. Celle-ci a beau exploiter la crédulité et le chauvinisme français en répétant par ses publicistes les mêmes faits controuvés sur la situation l.'.:conomiquc compan'.:e de la France et des autres nations industrielles, les faits sont là, qui la conYainquent d'impuissance et de mensonge. Apres \Vax,·eiller et tant d'autres, les observations rapportées des ÉtatsUnis par ~1. Le,·asscur sont une contribution précieuse au rétablissement de la Yérité. * * * Quelle est l'influence de la spéculation - ou pour être plus précis, des marchés fictifs, sur le prix des marchandises? Telle est la question d'un intérêt pressant, que la Société <l'Economie sociale discutait tout récemment, sur un exposé fait par M. Paisant, un des collaborateurs les plus en vue du Journal de l' Agriculture. Comme sa qualité l'indique, M. Paisant appartient à cette catégorie de publicistes que préoccupe la situation agricole de notre époque, et cette discussion a mis en lumiére la divergence d'opinions profonde existant au sein de
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