LA REVUE SOCIALISTE Lorsque l'on se reporte .'t cent ans en arrière, alors que la ville de Northampton (Massachusetts), votait « qu'aucun denier public ne serait dépense pour instruire les filles » qui à Boston ne pouvaient suivre l'école qu'en été, deux heures pendant l'après-midi, pourvu qu'un banc fùt laissé libre par l'absence d'un garçon,on mesure mieux les progrès étonnants qu'ont faits les Américaines dans tous les domaines. Elles reçoivc11t presque la même instrnction que les jeunes gens; l'Université de Chicago a établi une parfaite égalité des sexes. Et 1'011 comprend qu'en embrassant du regard le chemin parcourn, les féministes des États-Unis soient pleins de foi et d'ardeur dans leur lutte pour conquérir le droit de ,·otc. Il existe de nombreuses ligues et des clubs suffragistcs dans toutes les grandes Yilles des États-Unis, comme dans d'autres de moindre importance. Aussi les femmes non suffragistes ont-clics jugé nécessaire de rormer une ligue d'opposition, où, chose plaisante, clics s'assimilent les procédés qu'elles réprouycnt et s'initient sans le savoir, à une future tactique politique. Dans les pays anglo-saxons où les femmes ont donné et donnent depuis prés de quarante ans des preuves de saYoir-faire dans presque tous les domaines, comme professeurs, pasteurs, médecins, ingénieurs, agriculteurs, électriciens, inventeurs, pilotes même ou capitaines de na,·ire et d'intérêt ;'t la chose publique par l'action politique qu'elles exercent en temps et hors temps d'élections, les objections élevées contre leur participation aux élections générales commencent à paraître bien banales et sans consistance. En Angleterre du reste ne sont-elles pas déjà électeurs et éligibles dans les conseils de comté, les conseils de paroisse et les comités scolaires ? Aussi, quand le 3 fénicr dernier, lors de la discussion du bill de M. faithful Begg demandant l'extension du droit de suffrage aux femmes, M. Labouchère et à sa suite quelques autres députés rééditèrent à la Chambre des communes des plaisanteries sur les femmes électeurs, ils firent assez piètre figure. Le bill passa en seconde lecture à. une majorité de ïI voix. Elles se répartissent comme suit: Pour Contre Libéraux. 69 37 Nationalistes . 18 1 I Conservateurs I I 5 91 Unionistes. 26 18 228 157 -- -- Les féministes déploient dès ;'t présent une activité inouïe, travailL·lllt l'opinion publique et recueillant des signatures en faveur de la
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