NOTES SUR I.E ~IOUVE~IE:-IT l'Ém~ISTE motion; car le bill a èté soumis :\ une Commission et dur:rnt l'apn'.:smidi du 2 3 juin prochain il subira l'èpreuYc d'une discussion dèfinitiYe. S'il passe en troisième lecture ayec l'appui d'une majorité imposant<.: il sera sùremcnt accepté à la Chambre des lords. Toutefois le bill de M. Faithful Bcgg ne donnera n1êmc p;1s le droit de ,·otc à un million d'èlectcurs féminins, tandis qu'il y a en Angleterre 6,400,000 èlcctcurs masculins. Si cela ne créait pas u11précèdent, il n'y aurait donc gu(·re lieu de s'opposer :i. une mesure dont ne bénèficicront que des célibataires et des veuyes, toutes femmes propriétaires et tenant l'organisation présente de la société pour excellente, à l'exception de quelques abus que quelques-unes d'entre elles songent à réformer. En Allemagne, le Congn:s féministe international organisé à Berlin, en septembre dernier, a prou\'é que si les Allemandes étaient des tard-vcnucs dans l'agitation en fa\'cur des droits de leur sexe, elles :waient su regagner le temps perdu. Et l'on y vit représentés deux camps bien distincts : d'une part les bourgeoises ayant :i leur tètc Mmes Lina Morgenstern et Mina Caucr, les organisatrices mêmes du Congn:s, et d'autre part, les femmes socialistes a,·ec pour chefs la brillante et géniale Mme Lily Braun et MmeClara Zetkin. Les premières, :1ttaquèes par la plupart des hommes de leur cl;1sse, luttent contre eux; les secondes marchent la main dans la main avec ceux de leur parti qui seuls et toujours défendent les revendications féminines au Reichstag. Celles-là ne se rendent pas bien compte quc leurs rc\'cndications ébranlent la famille et la société même : l'homme ne les protegc plus suffisamment et elles cherchent à sortir d'un malaise qui devient chaque jour plus intolérable. Celles-ci sa,·ent fort bien qu'elles \'Ont :i. l'assaut de l'ancien ordre de choses, afin de le démolir et d'ayoir le droit de vivre une existence saine et complète, avec leurs maris et leurs enfants. Ni les unes ni les autres n'ont encore rien arraché aux détenteurs de l'autorité; mais cc seront certainement les socialistes qui donneront aux bourgeoises cc qu'elles demandent. En France l'agitation fcministe, trop morcelée en petits groupcs, n'a produit aucun résultat encore au point de vue législatif. Les projets de lois sur le salaire des femmes, leur témoignage, la tutelle sont au Sénat et ils dormiront longtemps encore dans les cartons. Lorsque l'on voit que les réformes urgentes demandées par une partie de l'opinion publique ne parviennent pas à. occuper le Parlement on ne peut que dire aux femmes : « Laissez ici toute espérance. » Non, en France on ne fait pas de réformes, on fait des révolutions. C'est plus expéditif, bien que les gouvernements, qui ne savent pas les prévoir, aient étt: :i. toute époque qualifiés de séniles. J. H.-M.
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