722 LA REVUE SOCIALISTE • intérèts qui dépassent la Yic <lel'individu, et il y en a qui excédent il: petit cercle de son existence. L'humanité d'un jour doit sauYcgarder les intérêts et préparer le bien-être des générations suiYante!>: l'indiYidu n'a pas un tel intérêt. Les hommes tous ensemble ont intérêt:\. obscn·er et à faire observer la justice: cl-aque homme n'a pas un tel intérêt, beaucoup ont un intérêt contraire. La collccti\'ité a intérêt:\ favoriser le déYcloppcment intellectuel et le bien-être matériel de chaque individu, à assurer le fonctionnement harmonique des activités individuelles, en les faisant co1wcrger Ycrs le bien public; tandis que l'indiYidu trouyc plus aisé, s'il est physiquement mieux doué qu'un .wtrc, de se ruer sur lui pour lui arracher une part du produit de son tra\'ail. Tous les grands intérêts sociaux - instruction, hygiène publique, échange d'idées et de commodités - ont une portée ~upérieurc à celle de l'intérêt corrcsriondant d'un indiYidu ou même de beaucoup. Le nombre des intérêts collectifs augmente toujours, car la \'ic de l'homme dc,·icnt de plus en plus complexe et les influences réciproques augmentent. La société s'organise. Il fut un temps où la répression du crime était une affaire privée : clic est devenue une affaire nationale, rnire internationale. Aujourd'hui presque tout cc qui a trait:\. l'activité économique est regardé comme une affaire priYéc: mais déjà on reconnait à l'organisation du crédit, à la systémation des échanges internationaux, etc., une portée sociale. L'organisation du travail a sans doute un côté priYé: c'est l'affaire aujourd'hui du capitaliste, demain cc pourrait ètre l'affaire de l'association des producteurs. En outre, à côté de l'intérêt des producteurs, il y a l'intérêt des consommateurs -qui aujourd'hui ne sont pas organisés et n'exercent qu'une influence indirecte sur l'organisation du tra\·ail. Enfin les rapports entre les industries sont ,rnjourd'hui réglés par le pouYoir du plus fort. Il y a des industries - telles que les chemins de fer - qui affectent la Yie de plusieurs autres, et qui exercent une vraie tyrannie sur les industries dépendantes et sur des populations entières. Il conYient que tous ces rapports soient systématisés: au-dessus des intérêts particuliers, laissés:\ l'action spontanée des indiYi<luset des associations, il doit y avoir une organisation permanente des intén:ts collectifs. * * * Quelle forme revêtira une telle organisation ? Remarquons d'abord que les relations sociales, dont il est question ici, étant nécessaires, l'organisation qui les concerne a toujours un caractère obligatoire. Ainsi pour la préYcntion et répression des crimes, on se récrie de voir confié cc pom·oir à un gouYerncmcnt : car le gouycrncmcnt se livre:\ des Yiolenccs contre les citoyens. De
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