COLLECTIVISME, COMMUNIS.IIE, SOCIAL-DÉ,IIOCRATIE ET ANARCHISME j2 l principe de n:ciprocité trouve son application. La société pourtant doit maintenir l',1ction de cc principe en des limites conYcnables, tenir en échec les tendances trop égoïstes, assurer la justice, Ycnir en aide aux incapables et poun·oir à d'autres intérêts généraux. Il y aura par conséquent des organisations différentes, des cas dans lesquels il ser:1 donné à chacun selon ses besoins et d'autres dans lesquels il sera donné à chacun selon son travail. Pour les affaires d'intérêt général indi,·isible, le principe communiste s'im.posc; la justice, la défense sociale, l'hygicnc publique, etc., ne pcu\'cnt pas être organisées de façon à donner à chacun selon son traYail, à faire contribuer chacun aux dépenses en raison de l'avantage qu'il en retire. De même le principe collectiviste ne saurait être appliqué à l'assistance que la société doit aux incapables, ni ù d'autres scrYices publics, dont il serait difficile de limiter la jouissance ù l'individu. Les Yoics de communication, les ports, les écoles, les travaux d'assainissement, l'éclairage des rues, etc., tout cela est fait dans l'intérêt indiYisiblc de tous les habitants d'un territoire, pour l'usage public, et on peut facilement préYoir que le nombre de ces scn·iccs publics augmentera et qu'on y comprendra non seulement les moyens de locomotion, mais jusqu'ù b production et distnbution de~ objets de premiérc nécessité. i\lais d':iutrcs relations, notamment les échanges entre indiYidus et entre associ:itions, diflicilcmcnt pourront être org:inisées selon le principe communiste. li faudra nécessairement m:iintenir une propor• tionnalité entre le tra,·ail et la rémunération, entre cc qu'on donne et cc qu'on reçoit et entre la demande et l'offre, en un mot déterminer b Yaleur des choses et des serYices: et cela donnera lieu à des org:ini :itions appelées ù :issurcr la justice dans les échanges par la publicité des données statistiques relatives à la production et à la consommation, par la mise en rapport direct de producteurs et consommateurs, et par une sorte d'assurance' mutuelle. * * * Nous arrivons donc :\.concilier le communisme et le collectivisme, à faire à chacun sa part dans la future organisation sociale - en distinguant entre relations sociales nécessaires ou fondamentales, et rapports volontaires et variables entre particuliers. Une bonne organisation sociale ne doit pas étouffer l'énergie de l'individu en lui ôtant toute initiative et toute -iiberté d'action ; - mais elle doit aussi assurer le fonctionnement harmonique des activités individuelles. Dans n'importe quelle socictc qu'on puisse imaginer, les intérêts, les opinions, les besoins, les capacités, les sentiments, les tendances et les situations des hommes seront différents, et il n'y aura jamais identité d'intérêts entre l'individu et la collectivité. Au surplus, il y a deî
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