712 LA RE'it.:E SOCIALISTE Toyés dans une profession qui veut de l'indépendance et de l'initiatiYe. Quelquefois ignorant, mais non toujours; quclquefois laborieux, souTent paresseux ou doué d'un tont autre genre d'activité que celui qu'exigerait l'exercice de sa profession, le fonctionnaire-né, muni d'une seringue de Pravaz, d'un spéculum, d'un crayon de nitrate d'argent et de trois formules dont la mcie le conduit à changer une tous les six mois, fait des, visites comme il irait donner des leçons de piano. Suivant son tempérament, il court aprés la fortune ou l'attend dans son lit. Tant qu'il est« expéditionnaire>> il n'est qu':i plaindre; s'il passe «sous-chef>>, il a la fortune insolente et devient d'un autoritarisme malfaisant. Si je m'arrê:te :i cette figure, c'est parce que les cc cahiers » des reYendications actuelles et les agitations qui en ont préparé les formules me font craindre que les nés-fonctionnaires soient ou' deviennent une majorité oppressive. Cette classe n'a pas de débouché dans les industries qui emploient des médecins : les entrepreneurs n'en veulent à aucun prix. Est-ce une r.1ison pour que l'Etat les adopte et leur crée, :i nos frais, des emplois? Eux au moins y songent quelquefois. Peut-être roulons-nous sur cette pente. * * * Le fonctionnarisme d'Etat compte, en effet, des partisans. Ne comptons pas avec les intrigants modestes auxquels le titre de médecin en chef ou mème adjoint de la colonne Vendôme fournit un petit plumet pour cartes de visite. Il en est de plus sérieux. A côtl'.: de l'accroissement du nombre des médecins dans les Yilles, on a signalé sa diminution dans les campagnes; beaucoup de localités en manquent; et, en Suisse notamment (r), il a été sérieusement question de doter certains territoires de mt'.:decins-fonctionnaires attachés au sol. En viendra-t-on là? - C'est possible. A Paris même on YOit déjà la municipalité et l'administration de !'Assistance publique étendre l'octroi de soins gratuits i toutes les classes de la société, en subventionnant des entreprises particulières qui aYaient une raison d'être en dehors de tout service public. * * Le fonctionnarisme au service d'entrepreneurs est moins bien vu que celui au service de l'Etat ou des municipalités; cela me paraît souTerainement injuste. J'ai eu dt'.:jà i insister plus haut sur ce que les entrepreneurs choisissent mieux que les administrations publiques un (1) Voir la Revue Socialùle de juin 189+. Henri ~byor : Le Traile111e1g1rtatuit dts maIndespar I' Etal.
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