LA REYUE SOCIALISTE ùc la publicité par la presse, qui fait la notoriété d'une « marque », le commis-Yoyagcur va trouver chez lui le consommateur ou l'intermédiaire indolent; il représente un renfort de publicité, qui va à son adre)seel 11eva que lù, une annexe de la notoriété dont il accroit considérablement le rendement utile. C'est ce que paraissent a\·oir compris d'abord les chirurgiens. Chez nous, l'organisation était facile : pas rlc frais de tourm:cs; remise Je tant pour cent sur les recettes effectuées. L'accord fut d'abord tacite; lorsque l'habitude s'étendit, la remise fut nettement offerte ou dem.mdéc; aujourd'hui, les questions d'honoraires et de remises sont réglées d'avance par le courtier, en dehors du malade. Il serait difficile de savoir 01.1 se recrutèrent les premiers courtiers; m::iison peut affirmer, je crois, que cc fut en dehors du monde médic::il. Les premiers que j'ai vus opérer etaient des ecclésiastiques, régulier~ ou marrons, de l'un et de l'autre sexe, opérant « pour leurs pauvre~ ». Dcrriérc eux se faufilcrcnt des dévotes de tous les mondes. Aujourd'hui, non seulement le chirurgien mais le médecin trouve à son ~crvicc une population dressée à ce genre de courtage : placiers commerciaux, agences matrimoniales, lionnes pauvres, domestiques de place. Maintenant, enfin, le courtage par des médecins se fait ouvertement : il est toute une classe de nos « confrcrcs », étiquetés rabaltrnrs, qui, à Paris au moins, s'adonne à cette industrie, dédaigne d'exercer la médecine, et s'en vante à l'occasion. Ajoutons que, très mal rn d'abord parmi nous, le rabattage s'y est assez vite acclimaté, et que l'opinion professionnelle lui est gcnéralcment moins hostile qu'à la publicitc; c'est là un symptôme intéressant à noter : la publicité manque de geutry; le rabattage est légal; tout dépend du poiut de vue. [I me semble difficile quc les ctrangcrs ignorent tout à fait ces manœuvrcs dont tels de leurs compatriotes ont été victimes, lorsqu'ils ne se sont pas présentés e11x-111èmes et ans intermédiaire au praticien de plus ou moins grande notorieté auquel ils avaient été adresses, de leur pays, par leur médecin. Par là s'explique la préférence qu'ils donnent généralement aux médecins exotiques leurs compatriotes, et la pullulation de ceux-ci, que leur qualité d'étrangers recommande seule à une clicntclc spéciale. La plupart au moins de ceux que nous coudoyons ici ne nous font plus, en somme, qu'une concurrence qui serait négligeable, si clic ne mordait sur la clientèle des rabatteurs et de leurs patrons. * * * L'accroissement du nombre des médecins français a été donné ,rnssi comme une des principales, sinon la principale cause de la détresse .1ctudlc. Sans nier qu'il puisse y contribuer, je me demande s'il n'est
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