702 LA REVUE SOCIALISTE de l'affiche. Les gros entrepreneurs ne s'en contentent pas et s'offrent un prospectus à forme de journal, paraissant regulierement ou non, tir.'.:à un grand nombre d'exemplaires, et envoyc un peu partout, en France et :'t l'ctranger. Je n'ai pas à juger ici au point de vue esthétique ces modes de publicité, dont il me suffit de constater l'existence : en dirigeant !'<::migration des clientèles, ils ont encore aide à leur dissolution. A Paris, et peut-être dans deux ou trois grandes villes, la publicite commande le mouvement des malades. Elle n'y affecte toutefois pas seulement les formes brutales et mal vues de l'affiche ou du pseudojoumal, qui visent le populaire et les imbéciles cultives, recrutant d'ailleurs des clients dans tous les mondes. * * * Les purs (il y en a en medecine comme en politique, estimables quand ils ne font pas de cette attitude une profession), furent autrefois très sévères en maticre de publicite. Les affiches blanches qui marquent la porte des professeurs de la Faculte ne trouvaient pas grâce à leurs yeux. S'ils n'allaient pas jusqu'à déclarer cette publicite déshonorante, ils lui reprochaient« d'être contraire à l'égalité, et de favoriser une aristocratie dans une confrérie où les chances de la lutte auraient dû être égales pour tous ». Ils en ont bien rabattu depuis et sont aujourd'hui ralliés. L'influence de cette publicité officielle, pour laquelle j'étais dès lors plus indulgent, me semble avoir été fort exagérée par les purs de mon temps. J'ai beaucoup pratiqué dans le monde, où il faisait brillante figure et était fort recherché, un professeur de la Faculté, dont il fut doyen, président de l'Association générale des m.'.:decins de France, qui, fort désireux d'une clientèle dont il avait besoin, n'obtint jamais, sur cc terrain, que les succès d'un débutant mediocrement favorise. La très honorable notoriéte que devraient assurer les distinctions obtenues au concours ne va plus guère, quand elle est seule, jusqu'au grand public, mis d'ailleurs en defiance par la connaissance des dessous des concours, contre les lauréats de profession. Un de mes camarades, medecin des hôpitaux et agrégé, dut vivre de travaux littéraires que lui confiait une grande librairie, jusqu'au jour où sa nomination au professorat vint le tirer <l'affaire. Il y a peu d'années, un agrégé, chirurgien des hôpitaux, après des prodiges de travail et d'énergie, vivait encore d'un emploi de sténographe lorsqu'il mourut à la peine. * * * Aux simples médecins des hôpitaux et aux professeurs libres, on
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