La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

MÉDECINE ET MÉDECINS 7or la cornpt'.:tencc technique de médecins qu'ils emploieront en nombre, ou qui ne représenteront qu'un rouage spécial dans une njjàire occupant un personnel varié. D'oun-icr en chambre, \'Oici le mt'.:decin devenu ouvrier d'usine. * * * C'est de l'ère du dé\·cloppcrncnt de la grande industrie et du renfort de centralisation qui en fut progressivement la conséquence que date, ...-:nFrance, l'avènement ck b publicité. Dans cette \'Oie, comme dans bien d'autres, nous ayons sui\'i l'exemple d'un pays YOisin qui nous aYait dcYancés dans son évolution t'.:conomique. En remontant :\ soixante ans environ, nous voyons les murs de Paris, et aussi des moindres villages, couverts d'annonces de la p:hc Regnault et du biberon Darbo, lancés par un des nôtres, k docteur L. Véron, - de celles d'un teinturier qui n'admettait« plus de \'i...-:illes étoffes» - de celles aussi d'un cabinet médical ouvert par un ancien tailleur dans le voisinage des Halles. Regnault a-t-il 1amais existé? Si oui, et s'il eùt fait lui-même une pùtc dont il aurait été l'auteur, les temps étaient déjà venus oit il aurait eu de h peine;\ \'ivre d'une formule sur laquelle se sont édifiées plusieurs fortunes. Pareil eût été le cas de Darbo, de,·enu millionnaire, s'il n'avait eu affaire ;\ un associé-commanditaire aussi habile qu'audacieux. Je ;ne suis laissé dire que le teinturier n'a,·ait pas :rnssi bien réussi : une mise de tr:l\'ail trop considérable c11nte de bénéfices médiocn.:s ne pouvait suffire, en présence d'énonnes frais de publicité, ;'t soutenir 111,e maison qui prétendait rester 111nîtressdee ses procédés. Le tailleur médicant fut plus heureux. Installé dans un quartier populeux aussi vivant la nuit llUC le jour, son cabinet fournissait seize heures de consultation par jour. Quatre médecins s'y partageaient la besogne, qui consistait a faire vendre comme remèdes, sinon secrets du moins non désignés sous leurs noms du Codex, des préparations pharmaceutiques tout à fait orthodoxes. Moyennant des appointements de cinq cents francs par mois, on demandait;\ nos quatre confréres d'être toujours en frac, cravates de blanc, et de bien mener la vente. Ce cabinet cxistc-t-il encore? C'est probable. Quoi qu'il en soit, il a fait des petits : le nombre d'officines semblables, administrées, les unes par des <( laïques », d'autres par des médecins opérant seuls ou associes, est maintenant assez considérable. * * * Aujourd'hui, la publicité des journaux politiques ou littl'.:raircs a, pour les besoins au moins du ml'.:decin isole, a peu prés remplacé celle

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