QUELQUES TE~DANCES AU SALON DE 1897 .1ussi, ont plus souH'nt chanté l'aurore ct le crépuscule que « midi, mi des ctés ». Et cependant i\L Rigolot, parmi les orientalistes, M. Marius Perret, dans sa Plage t/11 Sé11éw1I, M~L Garibaldi, Gagliar- ,dini, Montenard, peintre du ;'v!idi, M. Quignon, gui se pbit à détacher {les têtes fleuries d'arbres fruitiers sur un cic-1 bleu, savent eux aussi que la terre n'est pas noire et que« l'azur chante et rit silencieux». Le paysage méritait dans cette enquête une ctudc à part. Non seulement à cause de la pbcc m:ncriellc qu'il occupe dans nos Salons. Mais on sait combien est signific:1tiYc de l'esprit d'une cpogue la façon {!ont, à cette époque, on \'Oit la nature. Sous ks influences d'i11diYidu:ilitt'.:s, et d'ccolcs, des influences plus profondes tr:p;aillcnt obscun'.:mcnt. A me ure que l'homme comprend mieux cc qu'il e;t dans l'ensemble des choses, sa Yision de l'espace: s'agra11dit. Ses regards se portent plus loin pJrcc qu'il fait de moins fréquents rerours sur luimêmc. Les peintrL'S de 1830 ne cropicnt pas qu'un site cùt besoin ,d'être riche comme un somptueux décor, parc et poudrt'.: comme une coquette. i\lais ils Youlaicnt le rendre intcressant dans sa pauncté. Les maitres du paysage d'aujourd'hui nous peignent u11e nature de plus ,en plus simple et gcnt'.:rale. Son seul attrait n'.:sidc en cc qu'on sent qu'elle est aimée, et elle est aimée parce qu'cllc participe à la <lignite ,de tout cc qui Yit. En se simplifiant, le paysage s'agrandit. L1 lumière .diffuse Yient de plus loin, de plus haut. Dans un site, mille sites sont üoqués. i\lalgré les défaillances, maigre les asservissements aux . .anciennes fonnulcs, le développement du paysage contemporain nous fait honneur. Si, au lieu d'une exposition de portraits, on Cllt fait le mois dernier :i !'École des Beaux-Arts une exposition de paysages, les enthousiastes du passé auraient eu assurément moins beau jeu. Oui, les vieux maitres· ont n1 plus profond dans les yeux de leurs modélcs que ne le font les Carolus Duran, les Jules Lefèvre et les Bonnat. Ils ont rendu a\'CC plus de Yigueur vraie le repoussé des sentiments dans les traits. i\lais s'ils ont si bien mis en relief le caractère du grand seigneur et de la haute dame qui sortent du cadre comme des app:iritions ou s'éclairent d'nnc lumiérc mystérieuse de confessionnal entrouvert, c'est qu'ils ont concentré sur l'individu l'attention que nous dispersons dans l'univers dont il fait partie. * * * Pom caractériser d'un mot les multiples efforts manifestés par l'art d'aujourd'hui, on lui applique l'épithète d'art i11q11iet. M. Eug. Müntz s'indigne de cette inquiétude. Il parle, il est vrai, d'abord d'art décoratif. Mais son génie impatient le pousse à la généralisation. Il rappelle aux novateurs que « les Grecs ont mis trois siècles à inventer et ;\ pcrfcc44
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