QUELQUES TE~DAKCES AU SALON DE 1897 <le la vie humaine qui sont les maisons, les Yieux murs, les arbres et les haies des grandes routes. Considérez les sculptures : \'oici que le bas-relief prend un développement nouveau. Le personnage dressé sur un socle s'isole violemment, rompt toute attache avec la vie enYeloppante. Parfois l'effet produit est grotesque : nous Yoyons des rires de pierre dans un décor triste à faire pleurer cttles attitudes douloureuses dans le milieu le plus riant. Si le personnage tend les bras, il semble un naufragé perdu sur un roc. Le plus souYcnt, quelle éYocation de beaut<'.:supérieure ne faut-il pas pour éviter la froideur et l'ennui! Dans le bas-relief, au contraire, l'artiste peut, derri<'.:reses figures, laisser imaginer. parfois mc:me indiquer le décor qui leur convient. li doit, il est nai, pour cela, ne pas les souder :i la pierre ou au métal. Mais c'est précisément cc que font quelques-uns aujourd'hui. An:c une audace de peintre improvisé sculpteur et qui, l'ébauchoir en main, se souvient encore de la brosse, Raffadli, dans les tableaux de bronze exposés chez Goupil en 1890, semblait, d'un seul eflort, atteindre aux dernières conséquences de cette nouYcllc formule. Le fond s'éloignait. L'air circulait autour de ses héros de banlieue. Ils étaient libres, et restaient cependant en contact avec le paysage et les objets familiers. Sans rompre jusqu'à cc point avec la tradition du bas-relief, Constantin i\leunicr ne fait-il pas quelque chose d'analogue? Le fond imprécis dont se dégagent parfois ses ,\li11eurs les isole seulement du milieu qui ne leur co1wicndrait pas, et le spectateur, d'autant plus ému qu'il participe à la création de l'artiste, peut y esquisser en imagination le cadre naturel de leur Yic. La tendance à replacer l'homme dans son milieu pouYait se manifester plus aisément dans la peinture. La technique du plein air l'a puissamment fayoriséc. Désonnais l'homme n'est plus soumis à un <'.:clairageartificiel qui l'abstrait, comme s'il posait à l'atelier ou chantait son grand air sur la scène. La lumière l'enveloppe. On sent le ciel, la terre, les objets voisins au-dessus, au-dessous, tout autour de lui. tvL Sorolla y Bastida rcpr<'.:scnte-t-ildes Fem111edsepéc'1e11rs co11sa111t11veoile? Elles sont dans l'allée principale d'un jardin, prés de la mer. Les fleurs, la Yoile, les personnages agissent et réagissent les uns sur Je-sautres par un cchangc complexe d'ombres et de reflets, et, pour les unir cncoré, un grand soleil to·mbant d'en haut leur verse une pluie de taches d'or aYcc une telle impartialité que l'on ne saurait plus dire quel est dans la scénc le principal personnage : la femme rousse du premier plan, le bouquet de géranium penché \'Crs elle, la Yoilc elle-même ou le soleil. - 1[ais supposez le lieu d'observation plus restreint. L'atmosphère l'élargit infiniment. Toute la tristesse des terrains vagues ne flotte-t-elle pas autour d'un Cbijjo1111ier de Raffadli, tout droit, tout seul, dans un cadre de quelques centimètres?
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