LA PROPRitTt IOtALE d'avancer d:ms la voie de perfectionnement oü, d'instinct, elle marche aujourd'hui, si lente que soit sa marche, si prolongés ses arrêts, si désolants ses retours en arrière. La société collcctiYiste sera donc amenée l \'OU loir éYoluer en communisme, tant par la pression des faits que par les lois de son propre déterminisme, conditions que nous examinerons dans ks deux chapitres qui suivent. On comprend à première vue que la tendance à la liberté et i l'ègalité, caractéristique de l'arnnt-garde d':rnjourd'hui et de la masse de demain, ne trouYera satisfaction que dans cc mouYement vers une plus complète et meilleure appropri:1tion des choses aux besoins des hommes. :'Jous avons examiné en détail, dans le chapitre précédent, les formes de propriété actuellement co1.:xistantes et reconnu que le collectivisme retrouYera nécessairement en face de lui les formes primitives dont la formation capitaliste l'aura dégagé. En même temps qu'il assumera la tàche d'amener :i lui, de fondre en lui ces formes indiYiduelles ou de collectivité précaire, de susciter autour d'elles et en elles-mêmes les progrès industriels qui rendront possible et nécessaire leur incorporation, il tendra à se dé,·elopper dans ses formes supérieures, déji aujourd'hui sensiblement rapprochées du caractère de service public gratuit, et les amènera an point de communisme acheYé. Car il faut bien, remarquer que la plasticité du régime collectiviste sera beaucoup plus grande que celle du régime capitaliste, laquelle est incomparablement supérieure.icelle du régime de production individuelle, puisqu'on lui doit d.!:jà de profondes transformations économiques que l'individualisme n'eût pas même permis d'envisager. La plasticité du n'.:gime collectiviste dépassera celle du régime capitaliste, parce que le pouYoir politique ne sera pas, comme en notre temps, tiraillé entre la démocratie et la ploutocratie : il n'aura pas i payer la premicre en paroles et la seconde en actes, comme il fait actuellement. La démocratie étant introduite dans les rapports économiques, et de plus les rapports économiques étant devenus l'essentid de la politique, c'est la démocratie elle-même qui réglera ces rapports selon les principes de justice qui sont sa raison d'être et sa règle. Ceux qu'effraie une telle éventualité oublient trop, quand ils rappellent les excès de pouvoir et les cruautés, les violences contre la liberté exercées au nom de. la liberté et les tentatives arbitraires de nivellement par en bas accomplis par les démocraties momentanément triomphantes, que ces abus et ces essais se sont produits en pleine lutte, en face d'adversaires également peu scrupuleux sur les moyens de reconquérir le pouvoir, encore armés d'une richesse qu'ils employaient i corrompre ou pousser à des extrémités, dangereuses pour la démocratie plus que pour ses ennemis, des malheureux qui avaient hérité du régime disparu la vcnalité ou
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