La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LE PROBLblE DE L'AMOüR oubliez que si l'Homme est Joué Je fécondité, il se trOll\'C :w sein d'une :-laturc que vous a,·cz déclarée Yous-rnêrncs douée, dans toutes ses cspéccs, d'une fécondité supérieure :1 celle de l'Homme; yous oubliez que l'Homme est, par son intelligence, le.:directeur et l'arbitre de cette :-lature infiniment productiYe. Comment l'arbitre d'une faculté infinie de subsistance pourrait-il manquer de subsistance?» Pour l'auteur de 1vf.11lt!J1e1l slesEco11omisft>s, comme pour tous les socialistes, la misére est le fruit d'une imperfection sociale, le résult:n de l'accaparement Je la terre et dcs moyens de production par u11c minorité oisiYc et dé,·orante. « \'ous mentez, peut-on dire :'1 i\lalthus; b terre n'est pas occupée. Dans le pays mème où \'OUS déclarez la population arri,·ée .1 sa limite, la terre est possédée, mais n'est pas occupée. Vous savcz bien vous-mème que l'Angleterre, qui n'a que Yingt-huit millions d'habit.1nts, en pourrait nourrir trois cents millions. Donc la terre d'Angleterre est possédée ( et clic l'est c.:n dkt par six cents familles), mais n'est pas ocrnpée. Il en est de même des pa'.l·s les plus peuplés. » * * * P:1rmi les disciples de i\lalthus, combien arrin~rcnt aux mèmcs conclusions sans s'en apercevoir et sans songer à concilier leurs << opinions successives », c'est-à-dire contradictoires? Cc n'est certes pas sans un certain étonnement que nous lisons dans une étude de Rossi - fcn-cnt admirateur de Malthus - des lignes comme celles-ci : « . ul ne connaît au juste les limites des forces naturelles qui servent ù la production, ou qui aident à la distribution des richesses. Un économiste contemporain d'Aristote ou de Cicéron n'aurait pu compter sur ia pomme de terre pour la nourriture des hommes, ni pour leur déplacement et leurs émigrations, sur les moyens de transport qui sont aujourd'hui à notre portée ... Qui peut affirmer que de nouYelles substances alimentaires ne seront pas découvertes, qu'on ne trouYera pas le moyen d'obtenir de la même étendue de terrain des produits pouvant suffire à la nourriture d'une population double ou triple de celle qu'on peut alimenter ·avec les produits actuels? De ml'.:me on peut conceder que la production de la richesse deviendra plus active et que la distribution en sera plus facile et plus équitable, à mesure que, par l'effet naturel d'une civilisation toujours croissante, tomberont les obstacles que leur opposent encore des lois imparfaites et des.coutumes pernicieuses. Qui Youdrait, en effet, en présence des progrès accomplis, désespérer des progrès qu'il nous reste à faire? »

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