I.E PROBLÈME DE L' A~10UR 661 aurait dù dire plus explicitement en quoi consiste cette « loi d'un état s:Jcial trés factice » qui fait que !'Espèce humaine tout cntierc n'a droit à l'existence qu'en raison du besoin de quelques-uns de ses membres; d'où il résulte, comme le déduit si judicieusement Malthus, que cette cspéce, prise en masse, n'a point son couvert mis au grand banquet de la Nature. « Il est certain, en effet, et en cela les économistes ne font que debiter une chose fort évitlcnte d'elle-même, que l'Humanité ne peut pas s'accroitre au dcL't <les moyens qu'elle a de le faire, c'est-à-dire au delà de ses moyens de subsistance. Mais cc qui est tout aussi évident, quoique· les économistes se gardent bien de le dire, c'est que si, ù mesure qu'un accroissement dans les moyens de subsistance peut aYoir licü, cet accroissement se trouve transformé en capital, c'est-àdirc enlevé ù l'Humanité pour devenir ce qu'on appelle richesse accumulée portant intérêt au profit d'un propriétaire qui peut consommer improductivcment les fruits de ce capital quand il veut, c'est absolument, quant ù la population generale, comme si l'accroissement de subsistance n'avait pas été obtcn u. « Portez Jonc, peut-on dire aux économistes, la question sur cc terrain, et déclarez qu'il n'y a pas d'autre organisation possible qi.1è celle qui prend pour base la puissance du capital dans des mains individuelles; que la production ne peut être mieux ni autrement organisée; qu'en un mot la richesse sociale ne peut être obtenue que d'une seule façon, à savoir par l'intervention des banquiers et des autres capitalistes. On comprendra alors pourquoi vous déclarez que la population est toujours excessive, et pourquoi vous condamnez l'Humanité à réagir violemment contre elle-même. Mais on vous mo·ntrcra que, semblables à ceux qui, dans tous les temps, ont subi l'illusion du moment, vous prenez l'horizon pour les bornes du monde. » Avec Carey et plusieurs autres, il signale l'inconséquence des Malthusiens affirmant la fécondité infinie des cspeces végétales et animales pour établir celle de l'Homme ( r) et une fois la fécondité infiriie de l'Homme acceptée, niant celle des animaux et des plantes dont en est la condition et le moyen. 3° C'est un crime d'accaparer des _subsistances; c'est un crime d'accaparer le travail. 4° Lorsqu'il nait un enfant, aucun des frères n'est en droit de contester au nouveau venu la participa'tion égale dans les biens du p~re. Pareillement, il. n'y a pas de cadets dans une nation. 5° Tous les frères se doivent egalement au soutien de la famille : la même chose doit avoir lieu envers les citoyens. » (1) La « fécondité infinie » de !'Espèce humaine n'existe pas, en fait. Rien Je plus limité, par exemple, que la période de nubilité de la Femme. Commcnce-t-cllc tôt? elle finit tôt. Il en est ainsi chez une foule de peuples sauvages et barbares. Malte-Brun, clans sa Geograpbie Universelle (1827), le constate : « On observe, dit-il, que partout où les femmes sont nubiles de bonne heure, elles cessent plus tôt d'être fécondes. " N'avions-nous pas raison de dire que la dépopulation est un mal non seulement terrible mais difficilement guérissable ?
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==