La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

660 LA REVUE SOCIALISTE tion, bien loin <le diminuer les ressources individuelles, ne fait que les accroitre (r). Godwin Je prouYe: « L'Angleterre, dit-il, a, pernfant l'espace de trente années, triplé sa richesse nationale et, conséquemment, les moyens de se procurer des subsistances dans le pays ou au dehors tandis que sa population ne s'est accrue que d'un tiers. Cc fait seul doit prouver que l'excès de la population n'est pas la •cause essentielle de la misére toujours croissante des classes laborieuses de la Grande-Bretagne ... La misère est la conséguci1ce de la distribution trop inegale de la richesse nati~nale et de la concentration de la propriété foncière dans Lll1 petit nombre de mains; c'est pourquoi toutes les découvertes, toutes les ameliorations, tous les moyens d'épargner la main d'œuvrc ont tourné en Angleterre au profit des détenteurs de la fortune publique bien plus qu'au soulagement des travailleurs, gui, en général, sont devenus de plus en plus indigents à mesure que les premiers se sont enrichis. » Pierre Leroux n'est ni moins éloquent ni moins sensé « Quand Malthus formula, dit-il, dans son livre de bronze, Ll loi du Capital en ces termes : « Un homme qui naît dans un monde déjà « occupé, si sa famille ne peut plus le nourrir ou si la société ne peut « utiliser son travail, n'a pas le moindre droit de réclamer une por- « tian quelconque de nourriture, et il est réellement de trop sur la « terre; au grand banquet de la nature, il n'y a point de couvert mis « pour lui; la nature lui commande de s'en aller et elle ne tarde pas à « mettre elle-même cet ordre à exécution; » quand Mhlthus, dis-je, prononça en ces termes l'arrêt d'extermination du Genre humain, Godwin lui répliqua : « Non, cc n'est pas la loi <le la nature; ce n'est « que la loi d'un état social tres factice, gui entasse sur une poignée « d'individus une si énorme surabondance et leur prodigue aveuglé- « ment les moyens de se livrer à toutes les folles dépenses, à toutes « les jouissances du luxe et de la pcrvcrsitc, tandis que le corps du (( Genre humain est condamné à languir dans le besoin ou à mourir « d'inanition. » « La réponse est belle, solide, admirable ( 2). Seulement Godwin (r) « A mesure que le nomJ:>redes travnilleurs augmente, dit Hodgskin, le pouvoir productif de la société augmente aussi en raison composée de cette augmentation multipliée par les effets de la diYisiou du travail. » (2) Vigoureuse aussi et bien digne d'être rappelée est la rcpouse de Proudhon : « 1° L'homme qui vient au monde n'est point usurpateur et intrus, dit-il; membre de la grande famille humaine, il s'assoit ,\ la table commune : la société n'est point lll.titr~~sc de l'accepter ou de le refuser. Si le fait de sa naissance ne lui donne aucun dro11 sur ses semblables, il ne le constitue pas 11011 plus comme leur esclave. 2° Le droit de vine appartient à tous : l'existence en est la prise de possession; le travail

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