La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LE PROBLÈ~IE DE L'AMOUR bouches inutiles, Yieillards, malades et adultes <lont la société ne peut utiliser les serYiccs ! Tout cela serait aussi logique que cc qui précède. « Ce qu'il y a d'extraordinaire :w fond de tout ceci, c'est qu'on déduit logiquement toutes ces conséquences du principe de contrainte morale posé par Malthus. Les raisonnements <ludocteur G. et de Marcus sont irréprochables. « r.!ais, lorsque par un raisonnement logique on arriYc :i une conséquence absurde, la seule explication qm: l'on puisse donner de cette contradiction appar...:ntc, c'est que la base du raisonnement était fausse. La base posée par l\lalthus est donc n1au,·aise; les théories du docteur G. et de r.!arcu~ en sont la plus terrible critique. « On nous dit: l'homme a le droit de n'ayoir aucun rapport sexuel; puis on élè,·e Li-dessus le monument de logique que nous H'nons d...: décrire. Eh bien ! la proposition énoncée est erronée en tous points. Non, l'homme n'a pas le droit de n'aYoir aucun r.1pport avec la femme qu'il aime. « L'homme a des organes, des fonctions; son devoir est de les développer pour parvenir à cc degré de force qui lui permettra d'être utile à ses semblables. Il doit ks dé,·cloppcr toutes, celle de la reproduction comme les autres, parce qu'il y a harmonie entre nos di,·crs appareils et qu'on ne peut laisser l'un d\:ux s'atrophier sans qu'il y ait réaction sur l\:conomie tout entière. » * * * Les thèories exposées dans !'Essai rnr lePri11cipede Pop11lnlio11 ont été - du Yivant même de Malthus -. énergiquement combattues. Certes, les réfutations de Godwin (.R.ec/Jerc/Jrensr la populalio11el sur la faculté d'accroisseme1d1el l'especelm111ni11e), de Pierre Leroux (Malt/ms et les Eco11omistes), de Proudhon (Co11trndictio1é1cso110111iques), de Tchcrnichcwsky ( Critique de l'éco11olllipeolitique), etc., ne sont pas exemptes d'erreurs, mais il ne faut pas oublier qu'à l'époque oü elles ont été produites, nos connaissances démographiques étaient encore bien restreintes . . Dans ses Recherchesur la population.(1820), Godwin nie aYec force la loi d'accroissement de la population formulée par Malthus. « L'histoire de tous les peuples, tant anciens que modernes, dit-il, atteste combien l'augmentation progressive et soutenue de la population pendant un ou deux siécles, est un phénomene rare>>. Tout pays civilisé est capable d'entretenir une population double de la sienne. Il n'en a jamais été autrement. L'augmentation de la popula-

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