La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE Les C/Jaulc11rdse Saiut-Ger-unis ne se contentent pas d'ailleurs de rehausser l'éclat des solennités religieuses dans leur paroisse. Ils ont dernièrement, aux concerts d'orgue de M. Guilmant au Trocadéro, fait entendre un oratorio d<.:11. Saint-Saëns, ainsi qu'une autre œuYrc du même genre qui remonte a près de trois siècles : la Fille de jcpbté, de Carissimi. Ces concerts d'orgue du Trocadero, que le cèlcbrc professeur, organiste a la Trinite, dirige depuis pn'.:s de Yingt ans, nous rcvclcnt toujours quelqu'une de ces œu\'n.:s qu'on ne peut connaitre que dans des conditions spéciales qu'il n'est p;1s sou\·ent facile de n:aliscr : ainsi nombre de picccs de Bach; ainsi les Co11certo de Haendel, pour orgue et orch<.:stre; ainsi des fragments d'oratorio que ni l'église, ni les salles habituelles de concert ne permettent d'exécuter comme il faut. La Sociétédes I11stru111wtasnciens, qui a récemment donné trois concerts à la salle Erard, a\'ait prêté à M. Guilmant l'un de ses membres, ;\I. Dclsart, qui joue de la Yiole de gambe comme un maitre : cc qui a permis de jouer un air de la Passio1s1elon saint Jean (de J .-S. Bach) oü cet instrument est oblige. Evidemment, il serait bien difficile de remettre en usage des instruments tombés depuis longtemps en désuétude, comme la Yiolc de gambe, la Yiolc d'amour et le claYccin, que ni le Yiolonccllc, ni le ,•iolon ou l'alto, ni le piano surtout ne rctnplaccnt; mais il est à souhaiter que les Diémcr, les Dclsan et les Van Vacfclghem, de même que l'excellent Yiclleux berrichon Grillet, fassent des élèYcs : on pourra ainsi exécuter des œuncs souYcnt charmantes, toujours intéressantes, que les rossignols italiens et les formidables orchestres germaniques ont fait tour à tour mépriser et tomber dans l'oubli. Si des artistes intelligents se passionnent pour nos Yicux maîtres, de rares érudits désintéressés font pour notre musique cc qu'une lcgion de chercheurs infatigables a déjà accompli pour telle ou telle partie de notre histoire. L'étude de M. Michel Brcnet sur Sebastiende Brossard, prêtre, compositeur,écrivain et bibliopbile (165 ... -1730), est une sérieuse contribution à l'histoire de la musique en France, dont plusieurs parties sont encore bien mal connues. Je ne fais que signaler aujourd'hui le traYail de M. M. Brcnet, sur lequel je reYicndrai prochainement. Dans le même ordre de recherches historiques, la Rivista musicaleitaliana public (dans son numcro d'avril) la fin d'une l'.:tudcde M. L. Torri sur Vi11cenzRouffo, madrigalista e compositoredi nwsica sacrauel secoloXVI. La même revue contient plusieurs articles en français; de M. Maurice GriYeau : Parallèle de la musique et du langage; de M. A. Bruneau : Le drame lyrique français; de M. J. Combarieu : Messidor; de M. Maurice Kuffcrath : Fervaal; puis de Ivl. G. Tcbaldini : Filippo Pedrell et il dramma lirico spamwlo; de

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