CHRO~IQUE MUSICALE a ces divers fragments une scéne de la TValkyrie et de faire entendre ces di,·crses parties dans leur ordre naturel, en une seule scancc, ·pour donner aux mélomanes parisiens une idée (bien faible !) de !'oeuvre immense de \Vagncr. C'est ce qu'il a réalisé au concert du dernier vendredi saint. En une même soirée ont été exécutés : du Rhei11gold, le premier tableau (Alberich et les trois filles du Rhin) et le quatriéme (entrée des Dieux au 1Valhall); de la Walkyrie, la scénc finale (adieux de \Votan. - Incantation du Feu); de Siegfried, tout le troisiérne acte; de la Gœtterdce111mern11g, enfin, la marche funébrc et la derniére 3cénc, conclusion grandiose de la Tétralogie : la mort de Brünnbild. L'interprétation de ces différentes scènes a été assez inégale; au commencement surtout l'orchestre semblait manquer un peu de cohésion et de sùrcté; mais le trio des Filles du Rhin a été admirablement chanté, particuliéremcnt par M1105 E. Blanc et G. de Runa; M. Lorrain a été succcssiYcmcnt Alberich et Wotan a\'Cc autorité; i\l. Challet, en Wotan aussi (le Yoyageur de Siegfried) y a fait a\·cc bonheur oublier M. Augucz. Quand à M1le Kutschcrra, clic a toujours les mêmes qualités précieuses et aussi les mêmes défauts qu'elle ne semble pas vouloir abandonner ou du moins atténuer; M. CazcncuYc également. Concurrcn1ment, MM. Ysaye, professeur de ,·iolon au Conservatoire de Bruxelles, et Pugno, professeur de pia110 au Conser\'atoirc de Paris, se sont fait entendre au Ch:itelct; celui-ci dans le célébre Coucerlo en ln miueur de Grieg, qu'il interprétc aYcc une idéale perfection, et dans le Carnaval de Veuise, de Schumann; le premier, dans : un Co11cerlo de Mendelssohn, un Divertisse111e1it de Lalo, un Prélude et fugue en sol 111i11eur de J.-S. Bach; enfin, dans le Poi111e pour violo11et orchestre de M. E. Chausson,· qu'il exécutait pour la deuxiémc fois. Mais, ces temps derniers, malgré la multiplicité des concerts grands, moyens et petits, qui sévissent chaque printemps sm Paris, les mélomanes se portaient en foule YCrs les églises, qui, ù la fin du Carême, se transforment, comme on sait, en salles de spectacles. Naturellement, c'est Saint-Gervais, avec ses chanteurs célcbrcs, qui a remporté le plus de succés. Les offices de la semaine sainte, chantés a capella, comprenaient des œuvres de Palestrina, de Vittoria, et de quelques autres maitres célèbres du seizicmè siéclc, qui ne se doutaient guère, je le crains, que trois cents ans après leur mort il se trouverait des sceptiques, des incredulcs, que fanatiseraient leurs pieuses et savantes melodics ! Quoi qu'il en soit, la Scholaca11tomrn dc\'l·ait trouver des imitateurs, et il est a désirer que des sociétés semblables se fondent, qui relevcraient, rehabilitcraient le chant choral, a peu prcs tombé en désuetude dans notre pays. \
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