LE PROBLDIE DE L.-\ SA~TÉ 55 l'excès ile /ravnil et de l'i11s11jjisa11dc'ae/i111e11/alioil1ai11s la âassi>011vrii:ri· ( 1880). Un statisticie1~anglais, Barton, a poursui Yi Jes recherches de cc genre en remontant jusqu'au seizième siècle; en comparant ks chiffres des décès fournis annuellement par les registres J1.:sp.1roisses aux chiffres fournis pour la même année par les mercuriales donnant le prix du blé, il découvre que toujours, année par année, la mortalité s'accroit ou diminue sui,·ant que la moyenne annuelle du prix des ceréales s'élèYe ou s'abaisse. Un écrivain français, Messancc, dans ses Recherc/Jessur la population entreprises en 1n6, continue et corrobore ces observations, en cc qui concerne la France; le premier, il formule cette loi: « Toutes les fois que le prix du blé augmente, la mortalité est plus forte et vice-versn. i, Ses recherches embrassent une période de quatre-Yingt-dix ans (167.~-1764) et portent sur les Yilles de Paris, Londres, Lyon, Montpellier, Rouen, Clermont-Ferrand et que:lques autres cités de moindre importance. Le premier tableau de I\Iessance nous montre que, sur une période de vingt-années (1724 à 17.u) relativement à la Yillc de Paris, les dix a1111<'.l:eessplus mcurtriércs ont Jonné chacune, terme moyen, 2 r, 17.J décés; tandis que ks Jix autn:s, ou les moins meurtriéres, n'en ont donné que 17,529, c'est-à-dire 3,6.Vi de moins par année ou i7 ~ ..- Or, les dix années les plus meurtrit'.:res, le blé s'est vendu 21 livres 10 sous le setier et les dix autres années 17 li\Tcs 5 sous 5 deniers. Le second tableau embrassant la période de 1744 ù 1764 nous apprend: 1" que les dix années durant lesquelles la mortalité a êté la plus considérable (nombre moyen des décés: 19,913), k prix <lublé s'est éleYe à 18 livres 10 sous Gdeniers; 2) que pendant les dix années les moins meurtrières (17,543 déccs), on a rn le prix de cette céréale descendre à 16 livres 17 sous 6 deniers. La diminution du prix Ju blé a sauvé 2,370 existences par an, soit 12 °/ 0 • Les chiffres recueillis pour la ville de Londres sont aussi significatifs: Pour la période 1714-1733, le prix du quater de blé était de 44 li\'res 2 sous 4 deniers durant les années fournissant une moyenne de 24,755 décès. Au chiffre moyen de 28,222 décés correspondit un prix moyen de 46 livres 8 sous I denier. La différence entre les deux contingents est de 3,467 ou prés de 13 °/ 0 • La période de Ij3-1--175-1a-ccuse également l'influence du prix du blé sur la mortalité. Pendant les dix années les plus meurtricres (moyenne annuelle des décès: 2ï,G91), le quater de blé s'est vendu 43 livres 15 sous 9 deniers. Lorsque le prix de notre céréale fut de 38 liYrcs q sous -1-deniers, le chiffre moyen des décès descendit à 22,445 par an. Diminution: 5,2-1-6déccs par_année ou 19 °/ 0 .
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==