610 LA REVUE SOCIALISTE morbidité et partant de mort.dite supérieure dans les États pauvres comme l'Espagne ou l'Italie. Quelle part revient aux conditions économiques, :'t la répartition des richesses, dans l'ensemble des facteurs qui éléYent la mortalité hongroise ou autrichienne au-dessus de la nôtre? S'il est difficile de b mesurer, en revanche on peut se faire une idce ,1pproximative de l'influence considérable qu'exerce un autre facteur dont M. Bertillon ne parait également pas .woir tenu compte dans son examen comparatif: je veux parler des éléments de la popubtion. La mortalité séYit plus ou moins grande sur les séries d'.iges. Elle fauche les enfants en bas :î.gc et s'atténue pour les adolescents et les adultes jusl1u'à l\îgc de 30 ans. C'est ainsi qu'à Paris, la mortalitc s'élé,,e au chiAre de 269,8 pour 1,000 parmi les enfants de o à I an, tandis que la mortalité moyenne n\:st que de 22,05 pour 1,000. La natalité progressive est donc un facteur important de mortalité. Les cas de Mecs se multiplient par l'accroissement de Li population infantile. Au contraire, les chances de mort dans une population ù natalitc restreinte diminuent. On ne saurait donc comparer k mou,-cment des décés entre deux pays comme la France et l'Autriche, par exemple, dont les deux natalités sont si dissemblables. D'ailleurs, sans même tenir compte lk ces réserves importantes, il nous semble que .M. rcrtillon fait trop bon marché de l'économie de vies humaines qu'une hygiéne énergique pourrait préserYer. Cc ne sont pas quelque deux ou trois mille Yics que la France pourrait sauver tous les ans, mais une centaine de mille. Si, en 1895, la mortalité française cùt été la même que celle <le l'Angleterre, le dénombrement eùt présenté les résultats suivants: naissances, 83-+,Iï3; dccès, 737,986 (je calcule les dccès sur u11<p.:opulation <le 38 millions); cxcc<lent des naissances, 9ï,I8ï, au lieu des 17,813 décès en excédent. En prenant pour base la mortalité de la Suède et de la orwege, on aurait eu : naissances, 834,Iï3; décès, 661,986; excédent des naissances, Iï6,r8ï. Sans doute, l\L Bertillon· a raison de dire que même en diminuant la mortalité, cela n'empêcherait pas la décroissance de la population, puisque les naissances subissent une décroissance progressive continue. Mais on aurait tout au moins prcvcnu pour quelques dizaines d'années la diminution absolue de la population, et étant donné la situation précaire de la France, cc ne serait point là un résultat à dédaigner. Maintenant pc11t-on enrayer la mortalité? M. Monod, directeur de l'assistance publique au ministère de l'intcricur, croit qu'ù l'aide d'une législation sanitaire sérieusement appliquée, on pourrait obtenir les améliorations réalisées par les Anglais, :iméliorations toutes récentes, correspondant aux lois et règlements sur l'hygicne édictés au cours de ces vingt-cinq dcrniercs années. Cc ne serait pas un remède
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==