REVUE DES REVUES peut être bon pour l'élite, mais il a ses inconvénients; à coté des écoles officielles qui stimulent simplement l'ambition, il y a des écoles libres qui, clics, prêchent plutôt la résignation, le contentement de son sort, l'abnégation ... » M. Leroy-Beaulieu conclut que le gouvernement devrait encourager les écoles congréganistes en partageant par parties égales les subsides du budget de !'Instruction publique entre les écoles officielles et les écoles libres. ' Ainsi, pour relever la natalité, il faudrait rétrograder :\ la période industrielle lamentable des ouvriers de huit ans, ressusciter la concurrence mcurtrierc que faisait autrefois au traYail de l'adulte le travail de l'enfant, misérable créature souffreteuse, chair à travail dolente, dont Sismondi, Villermé, Buret, Blanqui, \-'illencuvc de Bargcmont nous ont transmis le souvenir poignant,dans leurs livres. Cc que les pratiques industrielles de cette époque, regrettée de M. Leroy-Beaulieu, ont déchaîne de souffrances et de misércs physiq ucs et morales dans le monde, nos générations contemporaines peuvent à peine s'en faire une idée. On frissonne :\ la lecture des enquêtes de M. Villermé, comme au récit descriptif d'un supplice chinois. Les conditions du travail industriel inaugurées par la bourgeoisie capitaliste à la fin du dix-huitième siecle en Angleterre et au commencement du dix-neuviémc en France apparaîtront dans l'histoire comme le crime inexpiable de cette classe.« Les maîtres de fabrique, a dit un économiste libéral anglais, ont poursuivi le gain dans des conditions de cruauté que n'ont pas surpasse les Espagnols à"lapoursuite del' or pendant la conquête de l'Amériq uc. » (John Nadc, History of the Middle and TVorlii11cglasses, Londres, 1838.) Un autre Anglais, Ferrand, s'écriait it la Chambre des Communes, le 27 anil 186~ : « L'industrie cotonnière date de quatre-vingt-dix ans. En trois générations de la race anglaise, clic a dévoré neuf générations d'ounicrs. » Car le travail de l'enfant est caractérisé par l'extinction rapide des générations rivées dès leur jeune fige à la machine. Voici le tableau que trace Villermé de ces jeunes travailleurs: « Sales, couverts de haillons tout gras de l'huile des métiers, cachant sous leur veste le morceau de pain qui doit les nourrir jusqu'à l'heure de leur rentrée à la maison, ces enfants sont décolorés, maigres, chétifs, vieux et ridés; leur ventre est gros et leurs membres ernaciés; leur colonne vertébrale est courbée et leurs jam~cs torses .... » La conscquencc d'un tel état de choses était une mortalité effrayante. En 1838, dans le département du Bas-Rhin, tandis que les probabilités moyennes de vie a la naissance étaient de treize ans et demi pour l'ensemble de la population rurale et industrielle, à Mulhouse, pour la population en bloc, la moyenne tombait à sept ans et demi. Et, à Mulhouse même, tandis que pour les fabricants, manufacturiers, négociants, la moyenne s'élevait à vingt-huit ans, elle descendait à un an et demi parmi les tisserands et les filateurs. En 1863,
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