La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

606 LA REVUE SOCIALISTE moins curil.!uscs à ses yeux l'affaiblissement de la natalité française n'est pas un fait isolé clans la marche suivie par la population dans ks autres pays. La statistique accuse partout une tendance marquée;\ la dépopulation. Nous marchons, scion lui, à une stérilité génl'.:ralc croissante proYoquéc par l'avcnement du régime démocratique. « L'idéal démocratique modcrne dépcuplc, dit-il. La conception démocratiquc de l'cxistencc ct l'organisation démocratique dc la société, l'arnbi1ion 11nivcrsclle, le développement des carriéres :\ entrécs difficiles, à .\prc concurrencc l:t ,\ rl'.:sultats incertains, l'absence de résignation ;\ son sort, la passion <lu bien-<:tre, tous ces facteurs nou\'caux joints à di\'ers autres également récents, l'interdiction llu tra\'ail des enfants, l'instruction obligatoire, un cen,1in rel."tchement des liens de famille, constituent la cau<;e sociale et morale de l',1ffaiblissemcnt de la natalité qui a été surtout sensible en France et en .\mérique dans les États de la ;\QUYelk-.\.ngkterre, mais qui se manifeste maintenant dans une demi-douzaine d'autres pays de l'occident et du nord de l'Europe.» Eunt donné des causes aussi multiples et profondes, le professeur du Collége de France ne croit pas possible d'agir efficacement par rnie législati\'e snr la natalité. Toutefois, il ne laisse pas passer l'occasion d'exhaler s,1 rancune d'économiste contre les tcnt,ltives d.c législation sociale amenée par l'incessant effort du prolétariat des deux mondes, et a\'ec une tranquillité d'àme qui désarme, tant elle dénote d'inconscience chez cet écri\'ain, il donne;\ entendre que la suppression des lois protectrices du tr.1\'ail ouYrier des enfants serait de nature à enrayer l'affaiblissement de la natalité. Ici, je dois citer textuellement, pour ne pas étre accusé d'exagérer le caractcre inhumain de ses propositions: « Comme moyen (d'élever la natalitc) plus ;\ la portée du temps présent, i I faudrait s'en prendre à nos deux fameuses lois réputécs sacrosaintes : la loi scolaire et la loi militaire. La loi scol,ure, rcnforccc par nos lois sur les manufacturcs, fait que les enfants, qui étaient autrefois, dès /'ligede sept ou /Juiln11s, un profit pour une famille, sont maintenant une charge, au moins jusqu\\ treize ou quatorze ans et le plus som·ent jusqu'à seize ou dix-sept ans, sinon même toujours. Il faut bien se conYaincre de cette Yérité : autrefois les enfants étaient lucratiis; à sept ou huit ans dans les t.îchcs agricoles, :\ huit ou neuf dans l'usine, ils produisaient au moins leur entretien et trois ou quatre ans plus tard, ils rapportaient effectivement aux parents. L'égoïsme paternel, dans le peuple, était intéressé à augmenter la famille ... L'école, dans la plupart dcs cas, de\'rait donner un enseignement trcs simple, qui fùt terminé.\ dix ans ou, au plus, à onze, et qui rendit l'enfant, à partir de cct àge, au traYail professionnel lucratif... Puis, l'esprit de l'école deYr,lit être complctement change. Cc que développe aujourd'hui l'école, c'est uniquement l'ambition ... Cc dcveloppcment de l'ambition

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