La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

REVUE DES REVUES 605 d'une façon saisissante la courbe régulière guc suit la natalité française. Nous avons eYidcmmcnt franchi la limite où les naiss:rnccs et les dècès s'équilibraient encore. Jusqu'à 1889, la dépopulation de la France n'était que rclatiYe. Comparée à la marche suivie par la population dans les autres pays, il y aYait dimtnution. En réalité, la population restait stationnaire. Après 1889, il y a dépeuplement, au sens positif et formel du mot, les déccs l'emportant sur le chiffre des naissances. Economistes et statisticiens sont d'accord pour reconnaitre la matérialité des résultats démographiques que nous venons de reproduire. Mais lù s'arr0te l'accord : sur l'ensemble des causes qui ont amcnè ou aggravé un pareil état de choses, sur les remèdes qu'il conviendrait d'employer pour l'améliorer ou en atténuer les conséquences, les faits les plus contradictoires sont mis en ayant de part et d'autre. Et encore je ne parle pas de ceux gui, loin de Yoir dans cc phènom0ne un danger pour la France, y Yoient, au contraire, un è,·.'.:11c111cndtes plus heureux, la di.rnï"nution de la population permettant aux surYiYants de Jisposcr d'une somme de jouissances plus considérables. l\1oins il y a de convives au banquet, disent-ils, plus grande est la part disponible pour chacun des assistants. J'ai indiqué, en 1889, pourquoi je ne saurais me rallier à cette derniérc opinion. J'y renvoie le lecteur et m'en tiens à la polémique ouverte sur les causes de la dépopulation et les remèdes qu'elle comporte. Les lecteurs savent déjà que, sur l'initiati,·e du docteur Bertillon, une Ligue s'est fondée à Paris, dans le but d'élaborer un programme d'action morale et législative de nature à enrayer l'affaiblissement progressif de la natalité. Cette association voudrait Yoir intervenir l'action :fiscale de l'État opérant des prélèvements considérables sur les successions des ménages sans enfants ou n'ayant qu'un ou deux enfants. C'est notre projet sur les successions, développé dans notre article de 1889, et sur lequel M. Bertillon et moi nous sommes rencontres, car nous l'avons formulé à la même èpoquc dans des termes presque identiques, chacun de notre coté. Il est certain que le jour où les ménages sans enfants seraient obligés de subvenir aux charges des familles nombreuses, les conditions de la natalité française s'amclioreraicnt. Mais nous ne nous faisons gucre d'illusion sur le sort qui attend un pareil projet et l'accueil que les économistes ont fait au docteur Bertillon ne nous a pas surpns. Cependant le mal est là, visible, pressant. Il s'accroît tous· les jours. Que proposent les docteurs es-sciences sociales patentes et orthodoxes que la bourgeoisie entretient pour défendre et propager les saines doctrines? M. Paul Leroy-Beaulieu a consacré à la question deux articles dans l'EconomisteFrançais et les conclusions auxquelles il aboutit sont au .

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