La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

59° LA REVUE SOCIALISTE Les trois pays dont nous a\·ons reproduit les statistiques commerciales sont, ou étaient, en effet, monométallistes-argent. L.1 Chine n'a jamais connu que cet etalon unique : l'Inde le consacra en 1835 et supprima sa circulation d'or en 1847. Le Japon, lui aussi, ne s'etait servi que d'argent jusqu'en 1897, et c'est à une date toute n'.:cente, en mars, et à la suite des expericnces tentees par M. 'iVekerle, en Hongrie, et par ;sl. de \Vitte, en Russie, qu'il s'est n'.:solu à adopter le double etalon, mais en stabilisant intégralement la prime sur l'or. Si l'on_considére que la valeur des monnaies ,J'argent est tombee de 50 °/ 0 , que la roupie indoue est descendue de 2.50 à r.25, et le yen japonais de 5. 39 à 2.63, que le taël chinois a subi une réduction identique, cette seule dcpréciation pourrait justifier la croissance économique de !'Extrême-Orient. Cette augmentation, qui semble trcs simple <le prime abord, et . qui est bien faite pour séduire, est contestee par nombre de publicistes. On a pretcndu que les pays à étalon d'argent ne jouissaient pas dans leurs échanges des aYantages qu'on leur prêtait, et que la baisse du métal, exerçant également ses effets sur leur marché interieur, y influait sur la Yaleur représentative de la monnaie. Nous croyons que la Yerité est entre la thcse des bimétallistes et celle des monométallistes intransigeants et que l'abaissement du yen ou de la roupie a contribué à accélérer le mouvement asiatique. Mais ce n'est pas ici le lieu d'ouvrir un débat aussi capital, aussi délicat,, et qui, d'ailleurs, a fait couler des flots d'encre en ces dernières annees. Le taux des salaires, la condition miserable <les classes ouvrières : Yoilà la véritable explication de la concurrence acharnée et triomphante que le Japon, la Chine et l'Inde ont faite et feront aux vieilles nations d'Europe, et ainsi u1 cherchant les raisons profondes de cc phénomène du de\'cloppemcnt asiatique, l'on aboutit aux considérations d'ordre social qui doivent conclure logiquement et nécessairement cette étude. Xl « L'ouvrier jaune, écrit Norman, tient le blanc à sa merci. » C'est en donnant des salaires de famine auxquels les classes laborieuses se 1ùignent momentanément, que les grandes manufactures de Bombay, de Calcutta, puis d'Osaka, ont réussi à remporter sur leurs rivales d'Europe leurs premières victoires. La prolétarisation des artisans, née d'hin, se poursuit avec une vertigineuse celérité dans ces pays neufs, où k capital exploite le travail à merci, avec une âpreté et une insolence, qui, sauf quelques districts d'Italie ou d'Autriche, n'ont plus d'egales dans le Vieux Monde, moins docile. Nulle part, le prélcvemcnt <le la classe dominante n'atteint un coefficient aussi énorme que /

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