La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

L'É\'ElL I~DUSTIUEL ET COM~IERClAL DE I}EXTRt~IE-ORIENT 591 dans l'Inde, qu'au Japon surtout où l'invasion du régime économique moderne nous a "alu une leçon de choses, une expérimentation d'une portée s:rns précédent. Dans la péninsule gangétique, les salaires mensuels de l'agriculture oscillent d'aprcs les derniéres statistiques, qui retardent légèrement, il est vrai, entre 5 fr. 90 dans l'Ouest et 17 fr. 60 à Bombay. La moyenne se fixe aux en\'irons de 12 francs, soit 0,-1.0 par jour. Ceux de l'industrie, notablement plus élevés, vont de 70 à 1 55 francs, - soit 2,30 à 5,40 par jour - pour les hommes, - de 18 à 2-f pour les femmes et les enfants. En Chine, si l'on s'en rapporte à Brandt, le taux de la paie quotidienne est de o fr. 50 à o fr. 75 et exceptionnellement de 1 franc a Fou-Tcheou. Mais c'est au Japon surtout que le prix du tranil a été réduit a une limite extrême et qu'il accuse la cupidité d'une féodalité capitaliste d'autant plus féroce qu'elle s'est édifiée en peu d'années. D'après un voyageur, qui écrivait a une date récente, M. Charles Loonen (1), les salaires y représenteraient par rapport à ceux de l'Amérique, de l'Angleterre, de la France et de l'Allemagne: r/6, 1/5, 1/4, 1/3 et encore, 'lorsqu'on se référe aux indications des autres publications et spécialement des rapports consulaires, peut-on juger ces calculs plutôt optimistes. Brandt affirme que dans les filatures les hommes touchent par jour de o fr. 40 à o fr. 58, et les femmes de o fr. II à o fr. 28. Dans certaines villes, les ouvriers en nattes n'obtiennent guère que o fr. 30. En somme, en prenant la moyenne de tous les métiers, et en tenant même compte de ceux qui confinent à l'art, on trouve o fr. 75 pour l'homme et o fr. 45 pour la femme. Tous les vices, toutes les conséquences du systeme industriel contemporain se sont déjà implantés au Nippon. Les femmes tendent de plus en plus à prendre la place des hommes. A Kanefugashi, dont l'usine a étc ouverte en 1892, on compte seulement 2,100 ouniers contre 2,700 ouvrières. Les enfants viennent à leur tour se substituer aux femmes, moyennant une paie infime. Toute la classe laborieuse est broyée dans ces îles de !'Océan, comme elle l'est dans les pires enfers de notre continent, en Silcsie et en Toscane par exemple. Le travail dure toujours à 12 à 13 heures, p~rfois 14 heures comme à Osaka, et les petites filles de huit ans sont elles-mêmes sonmises a cette effroyable contrainte. La tutelle patronale pése de tout son poids. sur le monde ouvrier, le poursuivant sans recours, l'accablant d'un servage aussi dur, plus dur même que celui des vieilles cités d'Occident. A Kanefugashi, le personnel est tenu de prendre ses repas à l'économat, moyennant une somme fixe, et de porter à la caisse

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