La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

cablc, cc sont les procédés dont il use et qui pourraient compromettre ses bonnes relations avec les autres pays. Il boycotte les maisons curopécnnes. L'association des filateurs d'Osaka s'est arrogé le droit de frapper d'une amende de 3, puis de 5 yens par balle, tout acheteur qui accepterait du coton introduit sur navires étrangers. C'est Li un exemple entre mille, et qui indique exactement l'état d'esprit qui régne dans le Nippon. Il était intéressant de releYer dans cc pays neuf un phénomène qu'on signale tout aussi bien, à peine :itténué, dans le vieux monde, et qui caractérise les inco1wénients moraux du système économique contemporain. IX li reste pour terminer cette enquête succincte sur le mouvement du commerce et de l'industrie dans l'Asie orientale, :i dire quelques mots des progrès de la Chine. Pendant un très long laps de temps, cc pays est resté immobile, figé dans ses arts traditionnels, adonné exclllsivement aux cultures qui lui fournissaient l\:sscntiel de la vie. L'influence européenne ne réussissait même pas à filtrer par les ports, peu nombreux, que le Tsong Li Yamcn avait bien \'Oulu entr'ounir aux na\·ires de l'Occident. Les machines, les voies ferrées, les b:itiments à Yapcur, tout l'outillage dont la science a pourvu le monde moderne, était tenu à l\:cart, condamné comme in\·ention démoniaque par l'esprit populaire, proscrit par les édits impériaux. Il y a dix ans pourtant, apparurent dans le Céleste Empire, quelques indices d'un esprit moins retrograde. Certains hauts personnages édifiés, soit par le contact des Européens, soit par de courts voyages sur notre continent, accueilliren·t à titre d'expérience des innovations qui furent ou qui deviendront le germe d'une véritable rt:\·olution economique. Li Hung Chang, le plus connu d'entre eux, et à coup sûr le plus sagace, a\·ait dejà fonde une compagnie de navigation, celle des marchands chinois; il la développa, la dota d'excellents navires lJUi ont contribue largement à l'accroissement du commerce et du mouvement de la marine. Il serait puéril de comparer )es progrès des importations et des exportations du Ccleste Empire à ceux que nous avons relevés pour le Japon; mais il serait imprudent d'oublier que le total des échanges - au moins des échanges enregistrés en douane - montait de 157 millions de taëls (1) en 1880 à 214 en 1890, et 290 eri 1894. Ce n'est pas là un chiffre dont un État peuplé de 400 millions d'habitants ait le droit de tirer vanité, mais la croissance qu'atteste cette simple confrontation merite d'être notée. En même temps la statistique de la naviga- (1) Valeur nominale : 8 fr. 26.

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