LA REVUE SOCIALISTE les caleçons, etc., etc., que l'on fabrique par dizaines et centaines de milliers LLrnsles États du Mikado. Tous ces objets répondent, certes, à la formule germanique, et tout aussi japonaise que germanique: billig 11111! vlilccht, bon marché et mauvais, mais ils suffisent à des consommateurs qui ne regardent guère :i la qualité et qui ignorent les raffinements de l'Europe. Au Siam, les missions d'études, les courtiers expédiés de Tokio conquièrent peu à peu des débouchés. Dans l'Inde, enfin, oü l'.\nglctcrrc se croyait ù jamais omnipotente, politiquement et économiquement, les entrées japonaises se multiplient pour des articles, rn0rnc les filés, les cotonnades, les houilles, qu'aucune autre puissance n'aurait songé :i offrir. Telle est la situation : nous n'ayons pas Youlu abuser des st:ltistiques : le peu que nous avons dit at:estc les progrès menaçants, la puissance de concurrence de l'Empire du Soleil Le\'ant dans toutes les regions qui a\'Oisinent son territoire. Aujourd'hui, le Royaume-Uni et l'Inde sont les deux pays les plus atteints par cc subit développement; mais la France - Lyon surtout - a tout à craindre, elle aussi, de la création et du perfectionnement des industries de la soie et de la laine à Osaka et dans les enYirons. \TI II Le Japon apporte d'autant plus d'âpreté dans cette lutte qu'elle a renouvelé chez lui, et tout particulièrement depuis le traité de Simonosaki, la défiance, l'hostilite que les populations jaunes, ont, de tout temps, nourries contre les Européens. L'accession du Japonais à la civilisation occidentale n'a pas <'.:teint chez lui ces sentiments héréditaires. Il a bien demandé à l'Angleterre, à la France, à l'Allemagne les hommes qui l'ont éduqué et qui ont préparé son avenir, mais sa reconnaissance a eté moins forte que la séculaire antipathie. De même qu'il professe la maxime : « Je n'achète de produits au dehors que pour les étudier, les imiter, les surpasser )), il ne sollicite le concours de l'etrangcr que pour mieux s'armer contre lui. C'est à peine si, au lendemain de Li guerre de 1895, on est parvenu à réfréner à Tokio un soulevcmcnt genéral contre les blancs. Il n'y a pas longtemps, un fanatique frappait le comte Okuma, ministre des relations extérieures, qu'on accusait de trop de courtoisie pour les Européens. Cette malveillance que Brandt signale avec insistance dans son dernier ou yrage (Z11lw11ft Oslasieus), die se manifeste surtout aujourd'hui dans l'ordre économique. Le Japon n'est pas satisfait encore du coefficient de plus en plus considérable qu'il a saisi dans ses <'.:changes, des avantages que ses compagnies de naYigation ont remportés sur icurs rivales d'Occident. On conçoit qu'il Ycuille se suffire à lui-même, et se doter d'une autonomie de plus en plus complète. Ce qui est criti-
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