• t'EYEIL Il\DUSTRIEL ET comrERClAL DE 1:ExTRÈ~!E-ORlENT 585 d'Allemagne un si notable développement d'affaires, en ces derniers temps, les négociants du Nippon essaient de dcbusquer leurs concurrents de tous les entrepots de la mer des Indes et du Pacifique. Les plaintes que proférent les Anglais, les Français, les Belges, les Américains n'expriment pas seulement des appréhensions d'ayenir, mais aussi des déboires présents. Il est tel marché de tout premier 'rang- Singapore -où les progrls du Japon s'affirment avec une stupéfiante rapidité. En deux ans, de 1892 à 1894, ks importations des sujets du Mikado y ont passé de 84 5,ooo à 24,200,000 dollars, tandis que celles des Anglais, poussées péniblement de 17 à 21 millions, se trouvaient rcleguées au second plan. Et comment même s'etonner lorsqu'on sait à quelles conditions extraordinaires les producteurs d'Osaka et de Tokio Yiennent offrir leurs marchandises? Voici un tableau extrait d'un rapport consulaire, et qui est significatif; car il nous montre les Japonais Yendant ;'t 50 °/ode rabais sur leurs concurrents les mieux outillés. Parapluies ordinaires (la douzaine). Parapluies de soie (la pièce). Mouchoirs .. . Horloges ... . Glaces (douzaine) PRIX EX DOLL.\IlS --------- Produitsjaponais Anglais 3 5 r/4 I r/2 4 o. 30 0.60 4 r/2 8 I/2 0.60 I. 25 Les commerçants du Nippon, non contents de donner à leurs ventes l'essor que nous tâchons de mesurer et d'expliquer, ont même découragé totalement certaines industries; entre autres celles des allumettes et des parapluies, et bientot le charbon de Newcastle n'apparaîtra plus à Singapore que comme un lointain soLi\·enir. Aux Philippines, si ouvertement convoitées par les politiciens de Tokio, le mouvement des échanges du Japon fait aussi de semestre en semestre des bonds inattendus. Le tonn_age a doublé de 1891 à 1892. A HongKong, le Royaume-Uni importe dés maintenant six f~is moins de houille que le Nippon et l'industrie du sucre, si prospcre jusqu'ici, va être écrasée par la rivalité des usines de Formose ( I). En Chine, le Japon refoule les négociants d'Occident, doublant son tonnage dans une seule periode quinquennale, prenant méthodiquement possession de cette immense contree sur laquelle il a-jeté son dévolu et dont il entend d'abord monopoliser le marché. Une récente relation de voyage (2) montrait le Se tchouen envahi par les pendules, les miroirs, (r) De nombreuses sucreries se sont déji montées dans cette ile, qui recèle aussi de riches houillères. (2) Marcel Monnier, dans le Te111ps.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==