LA REVUE SOCIALISTE considérables, et qui, pour une seule ligne, se sont montées parfois, en une année, ù 11,700,000 yens. Il n'a rien négligé non ·plus pour outiller les ports. On s'c~t extasié en Europe sur la croissance brusque de Hambourg, qui a réussi en peu de temps ù devancer Liverpool. Que dira-t-on du dé\'eloppcrnent de Kobé dont l'extension subite et constante menace déjà Yokohama et dont les échanges ont sextuplé en dix ans et doublé en trois? Cette expansion générale n'a pas été sans une multiplication proportionnelle du nombre des sociétés et des fabriques, qui a jeté le Japon dans une des fü:nes financiéres les plus intenses de ces vingt dcrniéres années. On comptait, en 1893, 1,163 établissements manufacturiers au lieu de 8-1-en 1883, 36,000 moteurs au lieu de 1,800; -~,583 associations diverses au lieu de 600. Le capital des banques doublait presque: 265 millions de francs au lieu de r 50; la circulation monétaire et financicrc tri plait : r ,4 r 2 contre -197. L'année qui a suivi Ja signature du traité de Simonosaki a été marquée par une activité sans mesure qui rappcJle les premiers temps de la Californie, de l'Austraiic et du TransYaal; et qui pourrait se solder un jour par une crise grave. En I 89 5, le capital des banq ucs a crù de -P millions; celui des sociétés de commerce, de 36 millions; celui des chemins de fer de Iï7 millions. Partout, a Osaka principalement, les établissements ont surgi soudain, groupant des ressources telles qu'aucune entreprise n'en possédait encore et menaçant cl'écrasemcnt toutes celles qui croyaient l'avenir ù clics. La concentration des capitaux va se précipiter, se précipite dés maintenant au Japon et améncra avec clic une situation économique analogue à celle qui sévit en Europe et aux États-Unis. Les dividendes que les différentes industries ont scrYis dans ]es derniers exercices écoulés résument m icux que toute autre statistique les dé,·eloppcmcnts qu'elles ont acquis. La Banque du Japon a donné jusqu'à r8 °/0 ; le Nippon ro 0 / 0 ; Kyomo 8 °/ 0 ; Kobu ro 0 / 0 ; Tanko 7,5 °/o; Ja filature d'Osaka jusqu'à 2+ 0/o, et certaines mines de houille jusqu'à 50 °/o- Nous YCrrons plus loin comment les Compagnies réussissent à emplir les coffres de leurs actionnaires en réduisant à un minimum à la fois dérisoire et douloureux les salaires de Jeurs employés. VII Le préjudice que le Japon porte aux échanges de ]'Europe dans !'Extrême-Orient est déjà des plus sensibles et s'accroît d'année en année. AYcc l'habileté et Ja tenacité qui ont valu aux commerçants
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