La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

L'ÉVEIL l~DOSTRIEL ET comtERC[AL DE 1.'E\:TRÎ,~!E-ORIE:-.;T 583 Quatre chiffres à eux seuls résument et mesurent la poussée obtenue. De 1880 à 1890, la production du riz est montée de 56 à 70 millions d'hectolitres; celle de blé et de l'orge de 22 à 35; celle du thé triplait presque, t:i.ndis que la surface plantée en mûriers passait en six ans de 350,000 à 600,000 acres (1886-1892). Dans une autre portion du domaine cconomiquc, les progrcs de l'extraction du charbon justifient les visées ambitieuses du gouvernement de Tokio. Si l'Empire du Soleil Levant avait négligé de s'enquérir de la richesse de son sous-sol, ou s'il l'avait exploité mollement, s'il avait dù à perpétuité s'approYisionncr de combustible auprés des nations occidentales, son développement aurait pu se briser net ou subir de douloureux arrêts. Il est parvenu des aujourd'hui à alimenter tout son outillage mccaniquc et, bien plus, à exporter des houilles dans les contrées proches, voire même lointaines. Sa production a plus que quadruplé en vingt ans, plus que triplé en dix ans, de 1884 à 189--1, s'élevant de 81 5,ooo à 2,620,000 tonnes. On voit maintenant les charbons japonais envahir les ports du Pacifique, Vladivostok et HongKong entre autres, pénetrer jusqu'à Aden, s'insinuer jusqu'au Canada, en Hollande, en Allemagne. Brandt, si bien informe en général, écrit qu'en Asie le C:i.rdiff n'est plus qii'un objet de luxe, et notre principal agent consulaire au Japon se demande quels chiffres atteindra bientôt cette exportation inattendue. . Même croissance singulicre ·de l'industrie des transports. Les voies ferrées qui ne comprenaient que 30 kilometres en 1872 (ligne de Tokio à Yokohama), s'étendaient sur 170 en 1880, 1,000 en 1887, 9,800 en 189-i. Avec leurs tarifs bien plus réduits que les nôtres, 0,02 ou 0,025 en 3e classe, on imagine quelle fonction essentielle elles remplissent et rempliront dans cc pays neuf et surpeuplé ! La marine marchande s'augmente dans une proportion non moins forte : 5 17 navires et 521,000 tonnes en 1895 contre 210 et 41,000 en 1880. La Compagnie du Nippon Yus-hcn Kaisha, la plus considérable, la plus prospcre de toutes les Compagnies japonaises, celle qui a joué le plus large rôle dans la multiplication des échanges, a en peu d'années quintuplé son tonnage et triple son capital. Méthodiquement et rapidement, elle dépossédc ses rivales,d'Europe et d'Amérique des positions qu'elles avaient conquises et qu'elles ont vainement essaye de garder. Aujourd'hui les deux grands entrepôts du Japon, Yokohama et Kobé, sont en relations régulieres, par bâtiments du Nippon, avec Bombay, Vladivostok, Manille, et chaque année, chaque trimestre, de nouveaux services sont créés ou mis à l'étude. Il faut dire, au reste, que le gouvernement japonais a tout fait pour encourag-:r cette industrie des transports, vitale pour tout pays qui prétend à son autonomie complète. Il a donne des primes qui même en Occident paraitraient

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