LA RE\'(.;E SOClAUS'l E tarons, au Jipon, dans toutes les parties du domaine cconorniquc. L\1bsencc de la matière première n'entraine pas l'abdication de l'industrie. On la fait venir du dehors pour l'ouner; c'est ainsi qu'on exporte en Corèc, ù Singapore, au Siam, les laines d'Australie achetées en quantitès de plus en plus considèrables et traYaillèes a Kioto et a Osaka. Les bières dont la fabrication, encore inconnue en 1894, 111anquait, au surplus d'èlérnents, s'inscrivent dèji au nombre des produits japonais, sur les tableaux douaniers de l'Inde, de l'IndoChine, de la Sibèric orientale. Quand l'initiative priYée fait dèfaut, et que ies particuliers hèsitcnt à engager leurs capitaux dans des industries nouvelles, c'est le Trèsor public qui défraie les premiers essais. Le Japon était jusqu'alors tributaire de la Belgique, de l'Allemagne, de l'Angleterre pour les fi..:rs.Le gouycrncment, soucieux de lui assurer la plus large independance, ne s'est pas contente d'e1woyer une mission d'ètudes en Europe; il a porte au budget de 1896 un crédit de r r millions r/2 de yens, afin d'ouHir des hauts fourneaux et des aciéries a Simonosaki et l'on prévoit que ces etablisscmcnts produiront cette année plus de 100,000 tonnes. L'Empire du Soleil Levant n'a pas sui\'i l'exemple de certains États occidentaux qui à l'heure oü ils se jetaient dans la grande production manufacturière, négligèrent et dèdaignèrcnt, au 111oins transitoircmcnr, l'agricultmc. Cc qui imprime un signe particulier a son é\·olution économique, c'est qu'elle s'est poursuiYic à la fois ctde pair dans toutes les voies, et que les hommes d'État de Tokio ont discerne de prime abord la liaison ètroitc et nèccssairc des diYcrscs parties de l'industrie. Ils ont habilement proportionné les moyens aux fins, dè,-eloppé le rendement de la terre pour s'assurer et une alimentation et une matière ouvrable abondantes, recherche les gisements minèranx pour suffire aux besoins des usines, crèè enfin des moyens de transport pour arracher aux ètrangcrs, aux Anglais surtout, le monopole qu'ils dètcnaient. Jusqu'i la restauration mikadonalc de 1868, le Japon fut un pays exclusivement agricole. Il ètait restè, - comme l'Inde jusqu'aux environs de r86o, comme la Chine encore de nos jours, - a une étape antl'.:- rieure de l'histoire, a cette phase où les peuples se contentent de dt.:rnander à la terre les fruits qu'elle porte naturellement. Loin de rèduin.: ses ensemencements depuis son cntree dans le mouvement in<lustriel, il les a multiplies. Il a restreint l'ètenduc des pâtis, applique a ses cultures anciennes des procèdes perfectionnes, une méthode d'irrigation en première ligne, qui ont donnè les plus n.:marquabl€s résultats.
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