La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

L'EVEIL D/DUSTRIEL ET CO)D!ERCIAL DE L'EXTRÊME-ORIENT 581 lieu de chiffrer en valeurs, nous chiffrons r.;n poids, les rcsultats sont tout aussi probants. Sur une consommation totale dr.; 88 millions de livres de filés, le Japon en produisait 6-1 en 1892, soit 72 ° o, alors que son pourcentage n'égalait pas 33 °/ o trois ans pl us tôt. >lon-sculcmcnt il reduit ses achats dr.; produits ouwés, r.;t cc.irtL, grke au bon marche de sa main-d'œune, les files étr:rngers, m.1is encore il exporte et déYeloppe ses sorties aYec l.1celérité qui c.1r;1cterise tous ses mouYernents. En deux :rns ( 1S92-189-1 ), ses Yentes dr.; filé~ passent de 7 ,ooo i 9 55,ooo yr.;ns. Comme le constatent les rapport, des consuls, k Japon r.;st l'un des rares p,1y~l1ui air.;nt n:ussi i r.;xpnrtr.;r le lendemain les marchandisr.;s; qu'ils et.1ir.;11tcontr:iints d'irnponer Li Ycillc. L'etablisscmcnt soudain dr.; son industrir.; cotonniére, qui laisse loin dcrriéri.: lui l'aménagement presqur.; i11st,111tane cependant lk l'industrie similaire indoui.:, est bii.:n fait pour deconccrter. Il n'y a p,1Y si longtemps qu'un agent consulaire alkn1.1nd affirmait que jam.tis le Japon ne s'adapterait aux conditions de l.i production moderni.:. Hier, en effet, cet État achetait toutes ses cotonnades à l'.\ngktcrre et :'1 l'Inde, mais aujourd'hui il leur retire cette clicntélc, et d'ici peu son exportation contribuera à la decadencc du Lancashire, si fortement atteint déji. Qu'on confronte deux chiAres : alors qur.; les manufacturiers de cc comte britanniqui.:, dont la prosperite r.;st proverbiale, perdaient au total ro millions, en 189r, leurs confréres d'Osaka sr.; distribuaient des di.Yidendcs oscillant entre 8 et 28 °10, On a appelé Osaka le Manchester d'Asie; bien qur.; ses filatures emploient dés à présent prés de 20,000 ouvriers, clic ne meritc certes pas r.;ncore d'0tre comparée séricusl!ment :'t la granJr.; rnétropolc cotonniérc du globe·; mais qui pourrait fixer le terme dr.; sa croissance? La fabrication des allumettes se déYcloppc, clic aussi, rapidement, Elle s'est multiplicc 75 fois depuis 1886. Son exportation qui de 1885 à 1895 a monte de 400,000 à 5 millions de yens, Ya concurrcnci.:r les produits nationaux jusqu'en Allemagne et en Autriche. L'agent britannique à Tokio ccrit trés justement: « Aucun pays ne pourra lutter sur ce point. » Veut-on d'autres exemples de ces industries-champignons du Japon? Il Ycndait en 1883 75,000 parapluies; ilcn répand aujourd'hui 2,500,000 sur l'Extrèmc-Oricnt; ses sorties de nattes ont passé d'un chiffre infime, moins de 1,000 yens, en r88.6 à plus de deux millions, et celles des pièces de soie et des mouchoirs de r,200,000 .'t 8 millions. On conçoit quel developpement la fabrication des soieries est appelée à prendre dans une contree qui fournit tout l'Occident de matières premières, et qui a double sa production de soie brute dans les six dernières annces. i\lais il ne faudrait pas attribuer cxclusiYement à des conditions naturelles favorables l'actiYité fiévreuse quc nous cons-

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==