LA REVUE SOCIALISTE carrés qui l'animent; il ne médite les agrnnJisscmcnts que pour les aYantagcs économiques qu'ils rcprcscntcnt. La guerre de 1894 a été une naie gucrrt moderne, une guerre comme le gom·crncmcnt anglais en ferait ù l'occasion pour s'emparer d'un débouché ou d'un gis..:mcnt de minerais. Les agressions que le Japon organisera dans l'aYenir, les hostilités qu'il marquera, procéderont exclusin:rncnt de son érnlution industrielle. li veut les Philippines, parce qu'il y dcYine une riche clientèle; Pékin, Tientsin, parce qu'il pressent la mise en ,·,1lcnr dn Céleste Empire. Il a pris Formose pour ses dépôts de charbo1, et ses plantations de canne à sucre. Les terres improducti\'es, - les Sahara et les Soudan, - ne sont point son fait. P.ir s..:s ,un bitions politiques, il a proYoqué dés;\ présent la défiance de la Rmsie dont il semble dc\'Oir arrètcr l'expansion indéfinie. Entre Pétcrsbourg et Tokio, la Chine du nord sen•ira de champ de bataille. Le Cz,1r et le l\[ikado prétendent gah·aniscr, clucun à son profit, les quatre cents millions de sujets du Fils du Ciel. Et la main-mise de l'un sur le Liao-Tung ù Simonosaki, Je même que les protestations de l'autre contre cette annexion, et la prolongation du Transsibérien ù tra\'ers la i\landchouric ont jeté à l'horizon du Monde comme un froissement <l'armes. La Chine n'est pas seulement le champ clos; elle est l'enjeu; clic est aussi et Je toutes façons, pour l'Occident, la menace suprèmc. Serrée Jans l'étau <les appétits adverses, clic devra forcément se moderniser, rentrer en action, se rouvrir à la Yic. Ou bien clic se refera ·d'ellc-mèmc une puissance, et 1:cstcra autonome, ou bien clic se liYrcra à l'une ou ù l'autre des influences qui h sollicitent. Mais quel que soit l'initiateur, le résultat sera uniforme: le ré\·cil - c'est-à-dire une concurrence économique écrasante, et peut-être aycc le retour de l'esprit guerrier, une nou\·ellc marche d'Est en Ouest, une nouYcllc rencontre des Aryens et des Touraniens. '-ToiL\, tel qu'il est permis c.lc le saisir, dans les brouillards de l'a\·cnir, l'ensemble des faits dont le déroulement commence déjù. Ils ne seront que le complément logique des éYéncrncnts auxquels nous ayons assisté dans les dcrniercs années. « L'Asie aux .\siatiqucs >>; le cri c.lcguerre des chauYins de Yokohama et de Tokio n'est plus une lormulc Y,iinc, un appel à l'irréalisable: il n'est que le résumé exact d'une situation qui se déYcloppc a,·cc une régularité absolue, et que nous allons s:iisir sur le \'i[ en étudiant d'un peu pres l'é\'olution économique de l'l:xtremc-Orient. II L'Inde est le premier pays d'Asie qui ait essayé de marcher dans le sillage des contrées d'Europe, et d'organiser la grande production.
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