LA REVUE SOCIALISTE héréditaires, mais on peut dire qu'il est encore plus loin du libre choix dt.: son métier, surtont dans les énormes cités OLl\'rièrcs qni vivent d'une seule industrie. l\lalgré b facilite rclatiYe des transports, l'hércdité et le milieu, aggravés de miscrc, attachent au sol de nombreuses familles ouvricrcs. Quand clics se déplacent, cc n'est point volontairement t.:t pour chercher librement un autre champ d'activité, mais pour suivre l'industrie dans son émigration ncccssitéc par l'épuisement d'un J-i.l011 ou la dccouvertc d'un centre de production de matière première ou d'un débouché plus a\·antageux. Sous la pression continue du premier des deux phénomènes gcnéraux obscn·és dans le chapitre précédent, c'est-a-dire du nivellement progressif des valeurs et des opérations du travail personnel dt.: l'ouvrier deYenu manœuvre et servant Je machine, il devient de plus en plus indifférent pour le jeune homme sortant de l'école primaire de s'employer dans une filature ou une raffinerie, et pour lui la liberté du choix d'une profession serait une pure dérision. On n'est pas manœune ou chauffeur par Yocation. On pouY:tit nagucrc vouloir être cordonnier, par exemple. Le machinisme introduit dans cette profession a détruit aujourd'hui toute velléité de Yocation pour la cordonnerie. On entre dans une cordonnerie mécanique, comme on entrerait dans un autre atelier, non pour être cordonnier, mais parce qu'il faut manger et se vêtir, et parce que la cordonnerie est ou bien la seule industrie oü il y ait a cc moment une place vacante, ou bien la seule qui existe dans le pays où l'on se trouYe. Sous la pres- ~ion non moins continue du second phenomcne, l'abaissement progressif dt.:la valeur professionnelle technique, la liberte du choix deYient non moins dérisoire et l'on voit trop fréquemment des jeunes gens qui ont pâli pendant des années sur des épures et sur des cornues être rcduits :\ accepter comme un bienfait de balayer les rues d'une capitale. En faYorisant d'une manicre plus ctendue et plus equitablc le déYeloppcrnent intellectuel des plus aptes, le collectivisme leur assurera l'cntrcc dans la carricrc de leur choix et où leurs dons naturels dé\·cloppcs par l'étude produiront leur maximum d'utilité, au profit réciproque de l'individu et de la collectivitc. Alors existera réellement la liberté de la ,·ocation. En diminuant la durec du traYail machinal quotidien, lequel, on ne l'ignore p,ls, amcnc par sa nature une dépression physiqut.:, intellectuelle et morale inconnue dans les professions tcchniqucs même les plus fatigantes, le collccti\'isme rendra a l'homme les ht.:urcs de liberté dont le prive aujourd'hui le capitalisme. XY Par son caractcrc é\'olutionnistc qui fait ·du collecti\'isme l'héritier <lu capitalisme sans bénéfict.: d'inventaire, sauf à aménager a sa volonté lc llom:iinc qui lui est échu, Yolonté que les faits limitent contre l'arbi-
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