La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LA PROPRIÉTÉ IDÉALE • la production en commun .. -\ussi demeure-t-011 confondu d'étonnement quand on entend les théoriciens de ce régime accuser le socialisme de Youloir enfermer l'humanité Jans des c:1serncs et des cou\·ents, ks casernes et ks couvents du collccti\'isme, comme le rép.'.:tent couramment les polémistes de la pres e économiste. Cette ncct:ssaire discipline industrielle ne plie à présent sous son joug que les non possédants, et nul de ceux-Li ne peut dire qu'il l'a librement discutée et consentie. [I y est conduit, sous le fouet brutal de L1nécessité, et cette même néce~- sité l'y maintient et k contraint de subir tous les :11noindrissl'.ll1l'.!1b sociaux étrangers à la discipline industrielle, m.1is qui sont une conséquence directe de sa servitude économique. Cependant, quand, :1u moyen de lois protectrices de la s,111tcphpique l'.t morale des tra\'ailleurs, on tente de n'.-duire de quelques heures la durée du traYail quotidien afin d'augmenter d'autant leur liberté personnelle, c'est au nom de la liberté du travail que le capitalisme, ses théoriciens et ses publicistes s'opposent à ces lois. A cc compte, que ne réclament-ils, ou plutôt que n'imposent-ils :i l'ouwier la journée de \'ingt-quatre heures? Sans doute parce que la mort ne tarderait pas:\ le libérer Llecette liberté. Le collectivisme ne supprimera pas les disciplines nécessaires du travail en commun, mais outre qu'il les deb,1rrassera des sen·itudes et humiliations accessoires et étrang.'.:res qu'y a greffées le capitalismt:, heritier et continuat~ur des anciennes classes dominantes, il les rendra moins pénibles en abrégeant l.1 duree de b station de tr,t\·ail et en rendant moins périlleuses et plus hygiéniques les conditions du traYail. Ces allégements seront rendus possibles, d'une p,trt, grkc ù la suppression du capitalisme et de ses prck\·en11:nts onéreux sur la production, à la disparition de l'esprit de lucre qui bisse le capitalisme indifférent aux dangers qui menacent la santé et la vie des ouniers, et i la rentrée dans le champ du tra,·ail d'une qu.tntit<.: <l'indiYidus occupes uniquement aujourd'hui aux besognes improductiYes que réclament la vanité et la sécurité de la classe dirigeante. Ils le seront, d'autre part, grke à la disparition de la concurrence entre branches similaires de Li production et à la suppression du n~canisme financier, causes de crises qui aménent des chômages prolongés et des diminutions de la durée quotidienne du traYail qui se traduisent par des pri,·ations et n'ont rien de commun avec les courtes journées de labeur et les semaines de vacances dont la classe ouvriére peut un jour espérer les bénéfices matériels, physiques et moraux, acquis seulemènt aujourd'hui à une catégorie de fonctionnaires de l'État et du capital. Il est encore une liberté dont on ne peut gu.'.:re parler que pour mémoire quand il s'agit de l'ounicr, c'est celle de sa Yocation professionnelle. Certes, en cc sens, le travailleur manuel est loin du confinement des familles de l'Égypte et de l'Inde antiques en des professions

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