530 LA. REVUE SOCIALISTE * * * r0 La Banque Ya créer des succursales nouYcllcs : elle va transformer r8 bureaux en succursales (art. 9) - clic \·a créer dans les départements non pourvus de succursales r r succursales nouvelles - elle Ya créer 30 bureaux auxiliaires. Approximativement on a fixé à 35 millions les dépenses que pareille création va occasionner. Nous ne ferons pas remarquer seulement que cc chiffre peut avoir été grossi, qu'il émane de la Banque qui a intérêt à l'élcYer pour accroître le prétendu sacrifice qu'elle consent - et qu'en tous cas aucun élément ne nous permet de le discuter. Acceptons-le donc. Seulement il est facile de faire remarquer qu'on aurait pu, en regard <lu chiffre de dépenses, placer le chiffre de bénéfices. Si pour une durée <le vingt-trois ans la Banque dépense trente-cinq millions à créer des succursales nouYclles - elle ne fera croire i personne que ces succursales ne lui rapportent pas. Et si clic a attendu jusqu'à cc jour pour ks édifier, cc n'est pas parce qu'elle a craint de dépenser en pure perte son argent - c'est ql1'elle voulait paraitre, à l'occasion du rcnom·cllcment de son priYilegc, faire un lourd sacrifice. Cette diplomatie financière est un peu trop grossière pour surprendre même les naïfs. Par conséquent qu'on ne nous parle pas des dépenses occasionnées par la création de succursaks - ou qu'on nous parle en même temps des bénéfices éYcntucls. Si les projets de loi étaient des œunes impartiales, le ministrl' des finances n'aurait pas manqué de dresser ce bilan nècessairc. 2° La Banque réclamait un renouvellement de son privilégc jusqu'en r923. M. Cochcry, dans son projet, aYait satisfait à cette exigence. Sous la pression de l'opinion la commission a corrigé sur cc point le projet - et tout en concluant au renouvellement pour une durée de Yingt-trois ans, clic a inscrit une clause resolutoire que l'on pourra inYoqucr en 1912. Encore un des lourds sacrifices consentis par la lbnquc ! Encore un des triomphes obtenus par l'État! ):ous sommes bien entendu d'accord avec la commission pour nous feliciter de cette concession. Seulement nous aurions voulu qu'on en parlù.t plus modestement, qu'on n'exalt:\t pas la bonne Yolonté de la Banque et qu'on ne se ravît pas de cette concession qu'elle ne pouYait pas refuser pour négliger d'en réclamer d'autres. Ycut-on saYoir ce qm: Yaut cc progrès eclatant? En 1840, lorsque Dufaurc rédigeait le rapport sur le rcnom·cllemcnt du privilège de la Banque de France - il ,tvait fait accepter comme aujourd'hui, par le gouvernement et par la Banque, ce principe de la clause résolutoire. Et même la Chambre des députés, issue du suffrage censitaire, avait cté plus énergique que la commission élue par une chambre républicaine. En 1840- on aYait
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