La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE n'en peut arrêter les contours à l'annce, et pi"évoir toutes les influences qui les détermineront. Revenons au plan de Mme Coleman Stuckcrt. Quarante-quatre maisons - pourquoi quarante-quatre justement? - de quatre à seize chambres chacune seraient bâties autour d'un espace oblong où se trouverait un bâtiment ayant au rez-de-chaussée une monumentale cuisine, une salle à manger et une buanderie. Au premier logeraient les employés. Au second il y aurait une salle de réunion, une librairie, des salles de lecture, des pièces pour jardi11s d' e11fa11ts. Cc bâtiment central serait éclairé et chauffé au moyen d'accumulateurs et de fourneaux placés dans les sous-sols. Il contiendrait en outre des locaux pour les provisions et une glacière. Un comité de directeurs chargerait un surintendant des achats, de la comptabilité et de la surYeillancc sur tout le traYail exécuté dans le bâtiment principal. Seules, des cuisinières supérieures, instruites des propriétés chimiques des substances alimentaires, seraient engagées; car clics pourraient être bien payees. Pour la même raison on ne choisirait dans les divers départements que des personnes expertes. Dans la buanderie amlnagéc d'aprcs les plus modernes inventions, le blanchissage se ferait à r fr. 2 5 la douzaine. Cc projet laisserait subsister les intérieurs séparés avec la faculté de faire servir ses repas chez soi ou de les prendre dans la salle à manger commune, comme à l'hôtel. Mme C. Stuckert a réglé jusque dans ses moindres rouages l'aménagement d'un semblable phalanstère, et déposé au bureau du Congrès le plan de la bittisse auquel elle joignit un devis détaille des frais, suivant le dcgre d'élégance et de confort que voudraient ou que pourraient s'accorder ses occupants. On comprend que dans un pays, où bien des menagcs sont déjà forcés de vivre à l'hôtel vu la ch~rte des loyers et le prix exorbitant de la main-d'œuvrc, ce projet de ménage en communauté paraisse devoir résoudre le difficile problème économique. De toutes façons il prépare les esprits à l'idée d'une socialisation et d'une union d'intérêts en mesure de rendre plus facile l'existence indiYiduclle et l'existence collective. Cc nous est un encouragement de noter ces symptômes qui rendent pour ainsi dire tangible l'évolution qui se poursuit en cc domaine. Les difficultés que font naître clans la vie domestique les conditions économiques générales et la révolte souvent inconsciente, mais parfaitement naturelle, d'êtres longtemps soumis, ne seront pas parmi les moindres facteurs qui aideront à l'élaboration de la société future. J. HUDRY-MENOS.

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