L'ÉVOLUTION DU SER\'ICE DmŒSTIQUE moins de frais. Cc projet que 1'1iss Clapperton défendit de nouveau en septembre dernier à Berlin, au congres fcrniniste international, est socialiste au dernier point et préccda, je crois, l'apparition du fameux linc de Edward Bellamy, Loolci11Bgnelnuards, qui fit tant de bruit. Si clics s'associaient, Yingt familles qui Yivent à l'étroit dans quarante chambres en occuperaient cnYiron quinze spacieuses et confortables, dont deux grandes tables à manger, une salle de musique, un atelier, un fumoir, une salle de danse, un billard, une salle de lecture, une salle J'étudc et une chambre d'enfants. Les grands parents ne vivraient pas isolés comme cela se YOit à pn:scnt; jeunes gens et jeunes filles grandiraient côte ,\ cèitc, sans que les premiers fussent poussés par la monotonie de la Yie de famille à chercher au dehors des distractions si souvent malsaines. Quant aux enfants,· un des membres de la communauté mènerait leur instruction de front av<.:cleur éducacation, et ainsi serait éYitéc l'agglomération ndaste de jeunes ètrcs cn des internats ou même en des externats qui ressemblent à des manufactures d'intelligences. L'ouHagc de 1'1iss Clapperton fut ou passé sous silence ou traité de contraire à la morale, parce que, disait-on, il proposait la destruction de la famille. Un ou deux critiques seulement le prirent au sérieux. En 1892, la Commission du Travail ou Bureau du Travail à Londres, présenta sur la situation des domestiques un rapport accompagné de considérations générales gui appuyaient, sans y tâcher, le plan de Miss Clapperton. M. Grecman, le rapporteur, reconnaissait les Mfauts du système d'isolation dont les sen·antes sont les victimes, le bien-fondé de leurs prétentions à une existence supérieure, Lt nécessité d'un changement radical et la possibilité d'association dans la ,·ic domestique. Si chimérique qu'il paraisse, cc projet de ménages en communauté qui ne détruirait pas la famille, mais permettrait au contraire aux mcrcs de s'oc-cuper da,·antagc de leurs enfants, a cté égalèment discuté lors d~ !'Exposition de Chicago dans le Congrcs tenu par les femmes. Voici en quelques mots le plan que soumit Mme Mary Coleman Stuckertde l'Illinois, plan qu'elle exposa par la suite en de nombreuses conférences, dans les différentes villes des États-Unis. Elle se proposait même de Ycnir en France; mais nous ne sommes pas encore mùrs pour de telles innovations, notre évolution économique n'étant pas aussi avancée que celle de l'autre coté de l'Atlantique. Nous jugeons du reste avoir eu la primeur des phalanstcrcs, et l'essai n'en fut pas heureux, parce que les conditions sociales ne les rendaient pas encore inévitables. La vie individuelle et la vie sociale sont choses trop souples et ondoyantes pour se soumettre à de rigides formules, on
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