520 LA REVUE SOCIALISTE dans un certificat sur le caractère plus ou moins agrcablc de l'employé, peut entraîner, même motiYéc, l'obligation <le rembourser la perte pécuniaire occa.sionnéc par cc fait en un chomagc forcé. Quant au domestique russe, il n'a en pareille circonstance aucun droit à faire valoir et aucune garantie. Il est plus malheureux qu'au temps du seryage, alors qu'il appartenait à un maitre dont il constituait la propriété et la richesse et qui lui permettait de vivre dans sa maison ou sur ces terres moyennant une certaine somme,<le travail. Ces rapports d'autrefois de nature patriarcale ne se sont conservés que dans les campagnes éloignees <lesgrands centres. En .Allemagne et en Autriche un degré de plus est franchi et bien qu'on y voie souffleter les domestiques tres serviles souvent, - ils baisent encore en Autriche l'épaule ou un pan des vêtements de leurs maîtres en manière de salutation, - ils sont des citoyens et certaines garanties leur sont accordées. Toutefois la situation des servantes en Allemagne n'est plus en rapport ayec l'état présent de notre civilisation. Les salaires y sont peu éleves, bien qu'ils tendent à monter. Les écoles ménageres qui s'y sont fondées en formant des domestiques expérimentées rendront ces dcrniercs plus exigeantes et prépareront une transformation qui s'annonce à peine. En France, dans les grandes villes et à Paris surtout, on assiste en la plupart <les ménages à un va-et-vient constant de domestiques dont la n'.:bcllion est tout aussi compléte qu'irréflL:hic et sans but. - Sont déjà compris, <lu reste, sous le titre d'employés les cuisiniers et les garçons de caf<.q'.:ui se groupent en syndicats. - Quant aux femmes, elles se trouvent, si clics ne sont pas soutenues par quelque œuvrc charitable, dans la situation la plus précaire qui se puisse imaginer, sans lien, sans appui. Et chaque mois, chaque semaine, de nouvelles venues, fraichement dcbarquées de la campagne, sont entr.iinées dans les remous du tourbillon parisien. Car ce sont les Yiliages qui nous fournissent le plus de domestiques : les jeunes filles des Yilles se font ouvrières ou demoiselles <le magasin. Les difficultés q u'ellcs rencontrent tiennent à leur sexe autant qu'à leur rang social. Toutefois, lorsqu'on parvient à lui donner conscience de ses droits, la fille du peuple comprend l'importance de l'association. Aussi, maigre bien des déboires, Yoit-on en Angleterre, ou une <.'.:litede femmes lutte pour conquérir l'égalité civile et politique de leur sexe, des groupements considerables se former et, derniers venus, des syndicats de domestiques. (1) D'après les statistiques de 1895, le nombre des domestiques diminue en Allemagne, non pas que la demande en soit moins pressante; mais parce que les jeunes filles tiennent ,i jouir d'une plus grande liberté. c~ sont comme partout les moin~ c,1pabh:, de leur classe qui acceptent du service.
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