L'EVOLUTION DU SERVICE DOMESTIQUE 521 Aussitàt elles ont obtenu des améliorations à leur sort, que les maitresses de maisons traitent d'cxhorbitantes. Elles se réservent souYcnt une soirée par semaine pour se rendre à quelque invitation ou pour recevoir des amies, sans compter l'après-midi de rigueur. Le nombre des Anglaises qui acceptent du service diminue d'ailleurs insensiblement, bien que ks domestiques forment à clics seules un tiers des ouvri('.;rcs. Cc sont des Suissesses et des Allemandes qui lçs remplacent. IV Aux États-Unis ce phénomène est bien plus accusé encore : !'Américaine née et l'émigrante chez gui l'esprit d'indépendance du peuple américain a eu le temps de se déYcloppcr, refusent de servir. Les seules servantes que l'on puisse trouYer sont des Irlandaises insouciantes et négligentes pour la plupart ou des Italiennes dont les habitudes d'ordre et de propreté laissent également à désirer. La citoyenne américaine qui accepte du service est presque infailliblement parmi les moins intelligentes de sa classe et ne pourrait réussir dans un autre emploi. Les mieux douées prcfcrcnt entrer dans une fabrique, se faire demoiselles de magasin, caissières, tclégraphistes, téléphonistes, etc. Les salaires des domestiques sont élcYés cependant : 70 à 80 francs par mois pour une cuisinicre, de 60 ,\ 70 francs pour une fille de service, de 60 à 70 francs pour une femme de chambre, de 60 à 70 francs pour une bonne d'enfants. Tels sont les prix ordinaires. Les places· de cuisinière à 2 ro francs et de femme de charge à 270 francs sont aussi rares en Amérique que celles, en France, de femme de chambre à 80 francs et de cordon-bleu à 100 francs. De même que chez nous les prix oscillent entre et 20 et 60 francs, en Angleterre de 20 à 80 francs, ils vont aux États-Unis de 50 à 120 francs, tandis qu'en Allemagne ils descendent jusqu'à 12 francs pour ne monter qu'à -1-0 francs. Une jeune fille aux États-Unis a donc tout avantage à accepter de servir, puisqu'elle n'a aucun frais de logis, de nourriture, de blanchissage alors que la vie est fort chére. Les loyers sont exorbitants et les abris abordables pour une bourse d'ouvrière, orpheline ou indépendante, sont les maisons meublées des quartiers populeux, antres d'insalubrité et de vice. Il faut donc que sa répugnance pour le service soit bien vive, lorsqu'elle rcsiste aux rccls profits qu'il offre. Comme ouvrière dans une fab!"ique elle gagnera, il est vrai, au minimum 50 francs par mois avec l'espoir de devenir première ouvrière à 50 francs, voire 75 ou 125 francs par semaine; mais elle a toujours a payer sa pension chez ses parents ou ailleurs. Elle tient cependant moins encore aux bcnéficcs matcricls qu'à sa liberté; car dans la fabrique clic ne travaille à l'ordinaire que de sept heures du matin à six
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