L'EVOLUTION DU SERVICE Dm!ESTIQUE en cc domaine se fait lentement, parce que justement elle dépend des femmes qui sont peu au courant des transformations générales dont découle leur bien-être ou leur malaise. Aussi, apr<'.:s arnir p:irlé de l'isolement de la scn·antc, il est de toute justice de mentionner celui de la maitresse de maison en son donjon familial, sanctuaire et abri. Mais tout en s'acharnant à y maintenir une organisation intérieure qui date en-:orc du temps OLl il n'existait ni manufactures, ni usines, ni chemins de fer, clic accepte d'autre part toutes les exigences de la Yic moderne qui se socialise de façon inconnue il y a cinquante ans. Le nombre des domestiques ayant diminué, clic accumule sur un nombre restreint d'entre eux, sur une sc-ule servante souYcnt toute la complexitt'.: d'un service minutieux. Harcelée elle-même par des obligations multiples et plus fortes que son budget, clic harc<'.:lc :i. son tour ses employées qui la quittent ou qu'elle renvoie pour des peccadilles. I II Cette situation est sensiblement la même dans toute l'Europe et en Amérique; mais il existe une diflercncc radicale dans la manierc dont les servantes l'acceptent en Russie ou aux États-Unis. En albnt ainsi de l'Est Ycrs l'Ouest, on peut faire une étude sur le Yif de cc qu'a été l'érnlution du service domestique ù traYcrs les sieclcs, de l'esclavage de l'antiquité à l'employé qu'aspire à dcYenir le scrYitcur d'Aménque. Laissons l'csclaYC de 110111 à l'Orient- cc qui ne prouYc pas qu'il ait disparu de fait en Occident- et Yoyons cc qui se passe en Russie, où le servage fut aboli par Alexandre Il. - Nous n'entendons parler ici que de la Russie d'Europe. - Elle se compose de parties fort distinctes par les mœurs et le caractère, du Caucase à b Finlande, qui, elle, :i ses lois et un déYcloppcment général, social et intellectuel, plus anncé même que celui de la France. Mais comme le Russe est sujet et non citoyen, les maitres ainsi que les sen·itcurs _n'ont aucun droit politique. Les seconds sont à la merci des premiers qui ont souvent recours à la police, lorsqu'ils veulent se dt'.:barrasser de leurs domestiques. Pour ceu~-ci, sans moyen aucun de défense, tout est assez bon, la natte en guise de lit et des coups. Chaque domestique russe doit être muni d'un passe-port, comme d'ailleurs tous les sujets de l'empire; mais cc passe-port est à la merci des employeurs qui peuvent y inscrire tel témoignage déshonorant qu'il leur plait et détruire ainsi l'avenir de l'cmploye. Il est vraf que même chose se voit en Angleterre, et c'est contre cet abus en particulier que réclame le syndicatdesdomestiquesdeLo11dres et de la provi11ce. En France toute accusation non capitale, mais portée
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