LA REVUE SOCIALISTE prcmierc, mais c'est je crois la faute du poerne dont le musicien a tiré le meilleur parti possible, cc qui n'était pas une tâche peu ardue. Souhaitons de revoir bientôt M. G. Hüe dans une partition plus importante et où les hautes qualités dont il a fait preuve ici trou,·cront a se dé\'elopper plus largement! L'interprétation par M. Cazeneuve et Jvlmc Auguez de Montalant a été simplement satisfaisante. Du Faust de Liszt, i\1. Colonne n'a donné que la deuxième partie Jfnrgucrile, laissant de cot<'.l:a premicre consacrée :i. Faust et la troisieme a Mépbistopbéles. Après ln Da11111{1/io11 qui lui fut dédiée, Liszt Youlut lui aussi écrire un Faust purement symphonique, et la partition que lui inspira le poeme de Gœthe peut-être mis en parallèle avec celle de Berlioz. Dans cc triptyque symphonique, entre l'allegro de Faust et le scherzo1110//v0ivace iro11ico de i\léphisto, l'm1dn11lrenave de Marguerite, tendre et !'êveur, doit faire un heureux contraste dont on ne peut juger a la seule audition de cette deuxième partie qui en elle-même est une interpr<'.:tation très originale de l'immortelle crbtion du poète. i\li\1. Sarasate et Ysaye se sont fait tour a tour applaudir aYCCun enthousiasme :i. peu près egal, le premier dans la très belle Sy111pbo11ie espng11ole d Lalo et le Ro11docl Cnpriccioso de i\1. Saint-Saëns; le second dans un co11cerlo en si mi11e11r (n° 3) du même auteur, et dans le Poème pour violo11el archesr/e, très int<'.:ressantc partition de M. E. Chausson. Des fragments de R.011/le:ot Julielle de Berlioz (Scè11ed'amour. - Tristessede Ro111éo. - Bruit loi11lni1d1e bal et de co11cerl. - Grande fète cbe::C..a_pulet) ont paru moins goùtés que toute cette acrobatie inutile et souvent disgracieuse. Je préfere de beaucoup à ces exercices les reconstitutions artistiques données par la SocictédesIuslrnme11tsm1cie11s: i\li\l. Diemer ( clavecin), J. Delsart (viole de gauche), van Wacfelghem (Yiole d'amour) et Laurent Grillet (Yielle). Ces quatre artistes se sont fait applaudir dans une Yingtainc de morceaux des maîtres françaîs du siecle dernier: Rameau, Couperin, Dandrieu,Boismor tier, etc., etc., trop longtemps délaissés et méprisés et guc leur intelligente initiatiYe pourrait bien contribuer à remettre en honneur. Tous les Yrais musiciens leur en sauraient grè. Puis, a la salle Erard, ils donnent en cc moment leurs trois auditions annuelles, toujours avec les œuvrcs des ,·ieux maitres, français ou ètrangcrs: Haydn, Haendel, les Muffat, Veracini, Martini, Ariosti, Chambonnières, Lulli (fragments de la musique écrite pour le Silicien ou l'A111011rpei11/redeMolicrc), etc. Cela repose un peu, et très agréablement, des débauches orchestrales modernes. De la musique vocale, plus ancienne encore, du seizième siècle, a cté chantée a la dernière seance des PetitesAuditions qui terminent brillamment leur première année d'existence : un psaume à six voix de Jan Pictcrs Sweelinck (1598), deux chansons de Clemens 110n
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