La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE t1ue nous savons depuis longtemps; mais il est trés utile que les représentants du parti socialiste viennent de temps à autre en apporter les preuves tout en const:nant la lenteur boiteuse de la justice bourgeoise. Mais cette lenteur n'est plus de mise, quand il s'agit tout au wntrairc d'engager la France dans des entreprises qui répugnent à son tempérament et à ses sympathies naturelles en fayeur des révoltes du droit; alors, au contraire, on se hâte, afin de tenir dignement sa place dans le concert européen. On fait du zéle, car il faut bien prouver au Prussien ou au Russe que l'on n'est plus captif de ces illusions sentimentales et démocratiques dont les hommes sages somient volontiers. Et l'on voit M. Hanotaux, le républicain Hanotaux, actif dcfenscur du 3ultan, dont l'absolutisme massacreur semble aujourd'hui de bon ton dans le pays de la Révolution. L'opposition n'a cessé de réclamer contre cette politique monardliste, par trop imprégnce de la Yicillc diplomatie de ruse et de force qui méconnait un essentiel facteur du progrés social, c'est-à-dire l'instinct qui pousse les opprimés vers l'indépendance. Goblct, Mille- ::and, Jaurés ont justement critiqué la politique extérieure de M. Hanotaux. Millerand précise le débat en excellents termes. « J c demande à « la Chambre, je demande au gouvernement d'adopter aujourd'hui ~ cette même attitude qui a eu un tel résultat en 1886; d'avertir les << puissances que la France est toute disposée à continuer, d'accord " avec elles, à faire tous ses efforts pour coopérer à obtenir le main- « tien de la paix, résultat auquel elle n'aspire pas moins Yivcmcnt « qu'elles-mêmes. « Je demande à notre gouvernement de prouver aux autres puis- « sanccs par son action diplomatique active que ses paroles ne sont « pas vaines et qu'en effet la France entend, elle aussi, die surtout, ,,: faire tout cc qui sera en son pouvoir pour trouver la solution paci- « fique la plus rapide. « Mais je lui demande de ne point s'associer aux actes nwlériels ~ prémédités contre la Gréce, non srulcmcnt parce q uc, comme je le « disais tout à l'heure, ils seraient contraires à tous nos sentiments, à « toutes nos traditions, à tous nos intérêts, mais aussi parce que nous u ignorons oü nous conduirait cc blocus ... cc blocus qui peut ,·ous « mettre dans cette situation - et je n'invente rien, car cc peut être « demain une realité - que YOSmarins, que vos officiers seront « obligés d'ouvrir le feu contre le Pyréc et contre !'Acropole, sur le « commandement de l'animal qui sera le plus ancien en grade, que « ce soit l'amiral italien ou peut-être l'amiral allemand. )> Si on ne veut rien concéder à -l'amour-propre du peuple grec, on ;illumera la guerre en Europe, car la Grèce exaspérée attaquera la Turquie : vous aurez préciscment dechainc l'incendie.

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