La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LA QUESTION SOCIALE DEVA\'T LES CORPS ÉLUS 483 aux intérêts ouvriers, on en rétrécit l'application. Ici on réduit le nombre des visites que doivent accomplir les délégués pour la sécurité des ouvriers mineurs; ailleurs on qualifie d'accident léger (avec la complicité forcée de ces salariés que sont les médecins) les fractures, luxations et autres blessures graves, afin d'éviter la visite et l'enquête du délégué mineur, dont le procés-vcrbal établirait trop sou\'ent la responsabilité des Compagnies. Il suffit d'avoir été en relations avec les populations de POS bassins houillers pour sarnir les mille ruses, supercheries, mensonges ou violences que les Compagnies capitalistes, aidées par les fonctionnaires de l'État, emploient pour stériliser toutes les réformes ouHiércs. Dans le Gard, les Compagnies ont une police secrétc qui étend ses opérations dans les \'illes voisines des localités où se troLl\'ent les exploitations miniéres. Là, ces polices pratiquent tous les arts qui sont de leur façon, délations, tromperies, \·iolenccs, attaques nocturnes : clics s'introduisent même dans le corridor des maisons, afin d'y voler, a\'ec effraction des boites a lettres, les correspondances qui pcu,·ent les intéresser. - Taturcllcment la discussion s'est terminée par un ordre du jour banal et inefficace - comme toujours. Rouanet qui dcnit, à la fin du mois, révéler ses aptitudes de juge d'instruction - i11 partibus - trés actif contre les compromis du Panama, \·ient de manifester, dans l'interpellation développée par lui dans la séance du 6 mars, toute la solidité de la haine \'igoureuse et de la documentation précise a,·ec laquelle il s'attaque aux manœuvres de la haute finance. Le dcputé de Montmartre a prouve que le gouvernement ne poursuivait jamais les délits de fausses nouvelles et autres manœuvres au moyen desquels certains groupements font artificLellemcnt la hausse ou la baisse sur les fonds d'État, afin de dépouiller plus facilement les petits porteurs. La démonstration a été trés intéressante en ce qui touche le syndicat pour l'importation en France des pétroles, lequel, ayant acquis par la force des capitaux coalisés un monopole de fait, en use pour faire payer le pétrole en France de 50 à roo 0 /o plus cher qu'à l'étranger. Le commerce d'importation des blés, qui est entre les mains de onze maisons dont dix étrangércs et une maison française représentée par un juif Alsacien récemment naturalisé et plus ou moins parent ou ami du traître Dreyfus, vient de provoquer artificiellement (en février) une hausse de ro francs sur les farines que rien ne justifie. Ces importateurs tendent à maîtriser le marché, afin de déterminer la baisse au moment de la récolte et dans les mois suivants : quand les propriétaires petits et moyens ont vendu leur blé, c'est alors que la hausse s'accentue. - Une redoutable puissance s'installe entre le producteur et le consommateur, les dominant et les rançonnant l'un et l'autre. C'est bien là cc

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