REVUE DES REVUES -173 miniers, ils peuvent redouter :i bon droit les conséquences d'une intervention européenne. La campagne faite dans les journaux français contre le gouvernement du Transvaal est le pendant de celle qui se fait à Londres. De l'autre côté de la i'vlanche, on invoque l'intérêt qu'aurait la Grande-Bretagne :i fa\'oriser au Trans,·aal les rc\·endications politiques et économiques des Uitlanders. Ceux-ci au pouvoir, la mainmise de l'Angleterre sur le Transvaal, tant de fois tentée, en 1852, en 1887, toujours vainement, serait vite un fait accompli. En France, 011 ne saurait i11Yoqucr un motif aussi pressant, et nous intéressant aussi directement. On inYoque, toutefois, les sommes considérables que les Français se sont laisse prendre par lesîanccurs des mines d'or. Dans un des articles du j\Jati11, qui font pendant :iceux de l'Eco110111isfr frn11çnis, on dit: « Nous avons place prés iun milliard en \'aleurs aurifcres. Il ne faut pas que, par ignorance et parce que nous n'a,·ons pas su défendre nos droits, le Transvaal nous de\·icnne un second Panama. » Est-cc clair? On demande l'intcn·ention du gouYcrnemcnt français auprés du presi<lent Krügcr et si, malgré l'habilcte de cette campagne, il est difficile d'amener le cabinet actuel à faire des rcpresentations au Tr:rnsvaal, du moins cspérc-t-011 cn:cr dans le pays un etat d'esprit L1\'orable :i celles que l'Angleterre peut être conduite :'t faire. Dans le numero du 2 avril, en effet, le Afati,, publiait cette dépêche de Prétoria, que ,.J'autres journaux reproduisaient le lendemain : « On fait courir le bruit qu'une démonstration de l'Angleterre dans b baie de Delagoa est imminente. » Il faut s'attendre un de ces jours à voir les journaux quotidiens sommer le gouvernement français de ne pas laisser l'Angleterre prendre seule l'initiative de la defcnsc des intérêts miniers dans lesqucb l'epargnc française est si gravement cngagee et, qui sait? le cabinet Méline interviendra peut-être à son tour pour défendre l'épargne française au Transvaal. Voilà donc à quelles complications internationales peuvent aboutir les lancements de valeurs étrangcres au sein de l'épargne française, et ceci m'aménc à dire un mot, à propos du Transvaal, de la question suivante, discutec le mois dernier à la Sociéte d'économie politique : « Y a-t-il lieu de prendre <lesmesures pour restreindre ou empêcher le placement des capitaux en valeurs mobilières etrangères? » L:1.France est, après l'Angleterre, le pays qui possède le plus de valeurs ètrangères, et les economistes considèrent cc fait comme un signe de prospérite publique. Aussi les membres de la Societé d'economic politique ont-ils c1wisage l'exode des capitaux nationaux, surtout quand il est déterminé par des mesures fiscales inopportunes, telles que droits protecteurs ou taxes progressives sur les revenus. A peine si, en passant, on a signale les dangers qui peuvent résulter du
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