472 LA REVUE SOCIALISTE l'importation, etc., toutes modifications de nature à améliorer les conditions financieres de l'exploitation. Le gouvernement du Transvaal repoussa ces reYendications. Alors, aux réclamations d'ordre purement économique se superposcrent des rcYendications politiques. Les Afrikanders d'origine anglaise et même les Anglais provisoirement installés au Transrnal réclamcrent les droits politiques, soutenus et excités, naturellement, par les financiers du Rand. Le serment <l'allégeance ou de naturalis:1tion boer entraîne la perte de la nationalité britannique. - Les sujets anglais émettaient la prétention de pénétrer dans b citoyenneté du Transvaal, tout en restant anglais. Le but économique poursuiYi par là est facile à démêler : les étrangers, une fois admis en masse :'t exercer les droits politiques, noieraient les Boers, à cette heure moins nombreux, bouleverseraient le gouvernement, et les compagnies miniercs deviendraient maitresses du TransYaal sans coup férir. Cela ressort clairement du passage suiYant d'une déposition de Cecil Rhodes, directeur de la Chartcrcd, <le\'ant la commission d'enquête instituée par la Chambre des Communes : « Ce dont vous vous plaignez, demande Labouchcrc, c'est que les Uitlanders ne soient pas admis ;'t devenir citoyens de la Republique? - De cc qu'ils ne soient pas admis à participer au gouYcrnemcnt ))' répond M. Rhodes. S'emparer du gouYcrncmcnt boer, qui serait remplacé par le gouvernement des administrateurs miniers, tel est donc l'objet des convoitises des chefs des Uitlanders. Si jamais pareille révolution politique s'accomplissait à Pretoria, c'en serait fait du TransYaal indepcndant, devenu une colonie anglaise. - ,\ussi les Boers ne veulent entendre parler d'aucun changement à introduire dans leur Constitution, surtout depuis les tentatives de Jameson, tentative qui n'arnrta, on le sait, que grâce à l'énergie et ù la promptitude aYcc lesquelles ks nationaux du Transvaal <lispersercnt les bandes d'invasion. En fait, maigre la superiorité du nombre, les Uitlanders seront impuissants :'t s'emparer du pouvoir. Les Boers sont armés, bien organisés; en défendant leur nationalité, cc sont leurs foyers, l'aYcnir de leurs familles qu'ils defcndcnt : les Uitlanders, quelles que soient les qualites de Yigucur et d'audace qui distinguent ces aYcnturicrs, défendent des intérêts financiers auxquels il ne sont pas etroitcment associés. Ils n'auront jamais la coh~sion matérielle ni la force morale qui leur permettraient, étant le nombre, d'être les maîtres - ou plutàt d'etablir la dictature ploutocratique dont ils sont les agents. Le president Krügcr, quelque difjïcile que soit la situation, a donc lieu de ne pas redouter outre mesure le peril ll'anncxion anglaise qui menace son pays de cc cote-là. Mais, si les Boers sont assurés de sortir -victorieux d'une lutte cngagec :l\'CC les Uitlanders fixes ù Johannesburg ou dans les camps
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