LA RE\'UE SOCIALISTE libéraux et les extrêmes nationaux, jadis ennemis furieux, tomber dans les bras l'un de l'autre et marcher ensemble contre le Rouge Adversaire. A Prague même, il advint que le cléricalisme accourut aider son rival le plus detesté, le plus haï - le libéralisme - .i Mtruire «!'Athéisme» et la « Révolution >J. !llais les libéraux - et cela est tout à leur honneur - n'ont pas répondu à ces aYances d'une façon équivalente. A Gratz, par exemple, suiYant l'ordre que leur intimaient leurs journaux et imitant leurs partisans viennois, ils ont preféré le candidat socialiste à son concurrent cl('-rical et lui ont ainsi donné la Yictoire .. D'un autre côté la jalousie qui di\'ise Allemands et Tchèques a aidé une fois au succés <l'un candidat socialiste; en effet, au deuxième tour de scrutin, la lutte se trouvant circonscrite entre celui-ci et un Allemand, en vertu du proverbe: de deux maux, il faut choisir le moindre, le démocrate a été élu. En général la bataille a été toute morale, et il n'y a pas eu de collisions sérieuses, sauf dans la Galicie qui est la plus misérable et la moins civilisée <les nationalités austro-hongroises. C'est l.'t que retentirent les coups de fusil dont nous a\'ons parlé au commencement de cet article. Si on cherche à se rendre compte de la cause de ces accidents, par la lecture <les journaux officiels, on arri\'e à croire que les habitants se sont ré,·oltés au point de \'ouloir assommer les membres de la commission, tout uniment parcequ'ils étaicut 111éc0Hlwdlsu droit de 1•0/e qu'o11leur avait do,mé. Et 11alurelle111e1le1sts, oldatsétaimt bicHforcés de 111arclicroHlreles rebelles,el d'e,, tuer quclques-u11s. En lisant les feuilles indépendantes on comprend mieux les choses: les paysans !:Ont allés Yotcr, mais leur mauYaise étoile a Youlu que leur candidat ne fùt pas celui du gom·crnement. Et même les moyens employés pour les empêcher d'exercer leur droit strict ont été parfois si cruels et si astucieux, que les paysans déscspcrc'.:s ont adressé une supplique à !'Empereur - alors en villégiature au Cap-Martin - pour qu'il les protégeât contre l'impudence de leur aristocratie. \' oici un échantillon de l'hypocrisie avec laquelle était conduite l'affaire: le fonctionnaire chargé de sun·cillcr le YOtc fixait les élections à minuit, alors que les intéressés dormaient tous profondément ; seuls, ceux dont on connaissait les attaches au gouYernemcnt, ceux dont on était sùr enfin, étaient aYiscs et venaient déposer leur bulletin dans l'urne. Quand les autres se réveillaient au matin, ils étaient tout ctonnés et indignés d'apprendre que c'était fini. Mais les socialistes élus sont des orateurs habiles et éloquents, et des écrivains intelligents qui ont fait leurs prem·cs; ils s:rnront dire bientôt avec indépendance toute la vérité, ce qui vaudra mieux que les suppliques impuissantes au gouvernement. K. V.
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