LES ÉLECTIONS EN ITALIE LES ÉLECTIONS EN ITALIE « Les morts vont vite », a dit un pocte du romantisme allemand, et la terre des morts semble être reprise d'une vie nouvelle, comme aux beaux jours de la lutte pour l'indépendance nationale. C'est que le socialisme a fait en peu de temps des pas de géant. Voilà à peine quinze ans que cette plante a mis ses racines en ce sol et les nouvelles élections sont là pour prouver qu'elle a poussé des branches nombreuses et solides par toute la pc'.:ninsulc des Alpes à la Sicile. Les anciens partis sont en train de se dissoudre; les anciennes subdivisions purement politiques disparaissent et de nouveaux groupements pointent créés par la question économique. Les classes dirigeantes l'ont bien compris : le parti socialiste italien n'est plus une quantité négligeable qui puisse être aisément écrasée par des gou\·crnements dictant aux juges des lois pour la défense des privileges de classe; c'est un parti politique organisé aYcc lequel il faut compter. Ceci, c'est le langage des journaux adversaires. Ce fut un affreux réveil pour la bourgeoisie italienne, que le matin du 22 mars. « Annibal est aux portes », hurlaient les Romains terrifies par les victoires du genéral carthaginois : « le socialisme s'avance», voilà le cri d'effroi qui se répcte des Alpes à !'Etna. La peur donne de mauvais conseils : c'est pourquoi il n'y a pas à s'l'.:tonner si les journaux amis du gouvernement présent et ceux qui représentent les aspirations... criminelles du ministère tombe se rejettent à l'envi la faute d'avoir laissl'.:grandir le parti ennemi. C'est toujours le· même refrain : • Je suis tombé par tcrr~ C'est l:t faute i1 Voltaire: Le nez dans le ruisseau; c·cst la faute ,1 Rousseau. « Tu l'as voulu, Dandin » disaient les fauteurs de M. Crispi. « Mais non », grognaient les rudiniens; « la faute est à vous qui avez cinglé et réveillé la conscience populaire par les violations les plus effrontées de la loi » ! La verité, c'est que la violence de
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