LA REVUE SOCIALISTE Et, confiants dans leurs forces, sûrs d'eux-mêmes, les cmploycs attendirent la réponse. Le 10 mars, pas de rcponsc. Le Conseil d'administration institua une commission de salaires, chargcc d'examiner la pctition. Mais cette commission n'a\·ait reçu aucun mandat de traiter avec les employés et clic n'aYait pas la moindre compétence pour trancher le différend. Ces tergiversations calculccs ne firent qu'cx:ispércr le personnel. Le même jour, les ernploycs se 1ù111irent, et, sans s'inquiéter désormais de la Compagnie, ils examinèrent cc qu'ils devaient faire. Le 1 I mars, ils dc'.:cidaient la grcvc qui commença cffecti\·erncnt le 12, à une heure du matin. A l'issue de l'asscmblcc, les citoyens Sourbeck et Grculich informcrcnt le Conseil fédcral de la dc'.:cision. Les trains du matin ne purent circuler. La grcYc s'ctendit ;1 tout le rêscau. Partout les grévistes curent une attitude calme. Dans la gare de Zurich la foule était considc'.:rablc ;les grevistes firent eux-mêmes le service de police. Le Conseil fedc'.:ral delibc'.:ra sur les mesures que comportait la situation. Le matin du r 2 mars, le Conseil fédc'.:ralentendit le chef du dc'.:partement des chemins de fer, i\l. Zemp, qui l'informa de la rcsolution du personnel. La Yille de Zurich etait coupee de toutes ses communications directes avec Berne, B.\lc, \Vintcrthan, Schaffhouse, Saint-Gall, Lucerne. De nombreux Yoyageurs YCnL1sde toutes les directions étaient en détresse sur plusieurs points de la Suisse, notamment à füile, Olten et Zurich. L'express d'Orient ne depassait pas Bâle dans un sens et Zurich dans l'autre. Le même jour, une dclégation du Conseil féderal, composée du chef du departcmcnt des chemins de fer, M. Zcmp, et du chef du dcpartcment de justice et police, i\1. i\lüller, partait pour Zurich. Ces magistrats étaient accompagnés du procureur général de la Confc'.:dération, du sccretaire du département des chemins de fer et de l'inspecteur du service administratif. La délégation entra aussitot en pourparlers a\·cc le gom·crncmcnt de Zurich qui désirait viYcment que la Confédération reprit immédiatement le scrYicc. M. le conseiller fédéral Zcmp déclara qu'il n'avait pas la compétence neccssaire et qu'il n'ctait venu que pour s'occuper de la conciliation. Une entrevue eut lieu ensuite a\'cc la direction du Nord-Est qui se dcclara prête à capituler. On recourut :\. un arbitrage de forme, que les employés n'acccpterent que lorsqu'ils curent la certitude qu'aucune de leurs légitimes revendications ne serait ccartéc. Le lendemain, la sentence fut rendue par M. Zcmp. Des que celle-ci fut signée de part et d'autre, le signal de la reprise Ju service fut lance
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